Publiés vendredi, les chiffres du premier semestre 2005 indiquent que le groupe SNCB a réalisé un résultat opérationnel (EBITDA) positif de 77,6 millions d’euros contre un produit négatif de 41,9 millions d’euros pour la même période en 2004. En prenant en compte les charges financières, les amortissements, les provisions et les résultats exceptionnels, on débouche sur un résultat négatif de 62,6 millions d’euros pour les six premiers mois de l’année contre un résultat négatif de 81,5 millions pour 2004. « Ces résultats montrent clairement que l’utilisation du train a le vent en poupe. Une importante croissance du nombre de voyageurs combinée à une meilleure gestion des coûts a contribué à ces meilleurs résultats », explique le groupe ferroviaire.
La performance globalement positive résulte d’une hausse de 9,8 % du chiffre d’affaires du transport intérieur de voyageurs et d’une augmentation limitée des tarifs. Le chiffre d’affaires du trafic international a crû de 8,6 % suite à une hausse du nombre de voyageurs à bord des trains à grande vitesse (Thalys, Eurostar). Le trafic marchandises a enregistré une croissance de 5,4 %.
D’après les syndicats, la relative bonne performance de la SNCB est faite au détriment des cheminots. « Près de 50 millions d’euros de l’économie sont faits sur le dos du personnel. Durant le premier semestre, la SNCB n’a procédé qu’à 70 recrutements alors qu’il est prévu d’engager 135 personnes », dénonce Dominique Dalne, secrétaire général de la CSC-Transcom. Il rejoint en cela l’analyse de José Damilot, le président de la CGSP-Cheminots. « La SNCB offre un service de qualité en terme de régularité, mais le personnel n’a plus le temps de souffler. Le personnel de l’infrastructure est de plus en plus sollicité les nuits et les week-ends. Le déficit de jours de liberté (congés, repos) que doit prendre le personnel est passé de 30 à 38 % en 2 ans », dit M. Damilot.
D’après le communiqué de la SNCB, les coûts de personnel du groupe ont diminué de 2,8pc durant la première moitié de l’année. Cette baisse est la conséquence d’une diminution du personnel de 4,7 %. Au 1er juillet, le groupe compte 38145 collaborateurs (36750 équivalents temps pleins selon les syndicats). Le coût unitaire par collaborateur a crû de 2,3pc. Mais le second semestre ne sera pas aussi bon que le premier. « Les coûts de personnel en augmentation (NdlR : indexation des salaires de 2pc dès le 30 septembre) et d’autres corrections influenceront défavorablement le résultat de la seconde moitié de l’année », dit le groupe.
0La SNCF bientôt sur le rail belge0
Par entreprise, la société faîtière SNCB Holding affiche pour le premier semestre un déficit de 18,4 millions d’euros, un EBITDA positif de 52,7 millions et un résultat d’exploitation de 40,7 millions. Les résultats de l’opérateur SNCB se soldent par une perte de 66,6 millions d’euros. « Sur des bases comparables et dans le même périmètre d’activités, ce déficit peut être estimé pour 2004 à 120,6 millions d’euros. Le déficit a donc été réduit à la SNCB de plus de 45pc au cours du premier semestre 2005 », dit le groupe. Le chiffre d’affaires « voyageurs » et fret réunis s’élève à 499,3 millions (hors compensation de l’Etat), soit 7,9 de plus qu’en 2004. L’EBITDA est de - 34 millions, soit 10,5 millions de mieux que ce qui est prévu au budget. Infrabel, la filiale « infrastructure » a enregistré, pendant ses six premiers mois d’activités, un résultat opérationnel positif de 28 millions d’euros sur un chiffre d’affaires réalisé de 571 millions d’euros.
Même si ces chiffres sont relativement rassurants, la SNCB se doit de se montrer plus agressive et plus professionnelle pour profiter de la libéralisation du fret. Selon nos informations, les chemins de fer français (SNCF) auraient obtenu le certificat de sécurité pour rouler sur tout le réseau belge. Dans le même temps, le groupe ferroviaire belge qui a fait la même demande pour rouler en France ne l’aurait fait que pour quelques morceaux du réseau français (vers Dunkerque et Creutzwald). « Non seulement le dossier de la SNCB a été mal ficelé, mais je me demande comment fonctionne la concertation entre Infrabel (qui accorde les certificats de sécurité) et l’opérateur SNCB », dit un responsable syndical.