Pour faire à la libéralisation du trafic fret et contrer la concurrence, la SNCB a décidé de s’associer avec les chemins de fer des pays voisins (France, Italie, Grand Duché de Luxembourg, Suisse) pour créer un Groupement d’intérêt économie (GIE) européen. C’est ainsi qu’est née la société de droit luxembourgeois, Sibelit (pour Société d’itinéraire belge lorrain et italien) pour exploiter en coopération le trafic fret sur le réseau d’Anvers à Bâle avec un prolongement vers l’Italie.
Selon nos informations, le dossier serait passé comme une lettre à la poste chez les syndicats, mais ceux-ci ont l’impression que les dirigeants de l’opérateur SNCB ont tout manigancé dans leurs dos. En effet, la SNCB aurait commencé la discussion avec ses partenaires en mars 2003, bien avant sa mutation en un holding chapeautant deux filiales (Infrabel, opérateur SNCB). Or les syndicats belges n’ont appris l’initiative qu’en mai 2005 lors d’une visite à leurs homologues français.
Par ailleurs, la société avait déjà été créée avant que les Belges n’en soient informés. Malgré ça, cheminots belges ont participé à l’examen de sélection visant à affecter certains d’entre eux chez Sibelit. Neuf cheminots belges ont même réussi l’examen de sélection et sont dans l’attente de leur transfert vers le Grand Duché.
Mais quelle ne fut la surprise des syndicats quand ils ont découvert l’intégralité du projet. Il semblerait en effet que le but de la SNCB est de faire de Sibelit, à terme, une société ferroviaire à part entière. Ce qui inquiète les organisations syndicales, lesquelles freinent des quatre fers.
« Nous voulons que la SNCB règle le problème de la présence d’une délégation syndicale au sein de la société, car nous craignons que celle-ci échappe à tout contrôle syndical. L’objectif est d’éviter des dérapages notamment le risque que Sibelit ne devienne une société ferroviaire indépendante », fustigent en choeur José Damilot, le président de la CGSP-Cheminots et Dominique Dalne, secrétaire général de la CSC-Transcom que nous avons contactés.
Des réunions ont lieu pour rapprocher les points de vue sur le sujet et permettre à Sibelit de démarrer. Mais aucun accord ne serait encore intervenu à ce jour. « Nous n’avons plus d’information de la part de la direction sur le projet », regrette la CSC-Transcom.
Selon nos informations, le GIE Sibelit devrait employer 15 à 20 cheminots. Les Belges devront aller d’Anvers à Thionville, de Renaix à Metz et de Bertrix à Bâle. Les Français viendraient jusqu’à Muizen à Anvers. Par ailleurs, 42 % de la société seraient détenus par la SNCB environ 10 % iraient aux Luxembourgeois.