La SNCF renonce à fermer trois lignes interrégionales

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Changement de cap sur le dossier des liaisons ferroviaires interrégionales, les TIR (trains interrégionaux). Lors de la rencontre, mercredi 5 octobre, entre Dominique Perben, ministre des transports, Louis Gallois, président de la SNCF, et Alain Rousset, président de l’Association des régions de France (ARF), l’entreprise ferroviaire, à la demande du gouvernement, a proposé de prendre en charge, à hauteur de 5 millions d’euros, le déficit des trois lignes les plus endettées du réseau (Caen-Tours ; Quimper-Bordeaux-Toulouse et Nantes-Lyon). Celui-ci s’élève au total à 21,3 millions.

Cette proposition se réaliserait au prix de suppressions de desserte et aussi de l’utilisation d’autorail TER (gérés par les régions) pour assurer les liaisons TIR, occasionnant des changements de train sur le parcours. La SNCF assumerait le coût de leur exploitation.

« Petite avancée »

"Cette opération est une transformation juridique de la loi de décentralisation ferroviaire de 2002 ", a déclaré Bernard Soulage, vice-président (PS) de la région Rhône-Alpes et responsable au Parti socialiste des transports. Par ailleurs, les régions critiquent l’attitude de l’Etat qui refuse de considérer ces lignes comme étant d’intérêt national et d’aménagement du territoire et d’en payer le prix.

Michel Sapin, président (PS) de la région Centre, a stigmatisé l’attitude du gouvernement, "qui reste immobile sur le dossier, alors que la SNCF a largement reculé".

L’ARF note cependant avec satisfaction les propos de M. Perben, qui estime que l’appellation TIR "n’a aucune justification, que tous les trains, à l’exception de ceux qui relèvent des régions sont par définition interrégionaux". L’ARF souhaite que la SNCF propose un projet pour toutes les lignes. En effet, seules 3 sur les 25 que comptent les TIR sont bénéficiaires. Les autres enregistrent un déficit global de 123 millions d’euros.

Pour Martin Malvy, président (PS) de la région Midi-Pyrénées et responsable des transports à l’ARF, cette " petite avancée " est le résultat de la mobilisation des élus et des usagers pour le maintien de ces liaisons, depuis l’annonce de leur suppression programmée cet été (Le Monde du 8 août). Le 21 septembre, lors du conseil d’administration de la SNCF, la CGT avait remis 72 000 signatures pour le maintien de ces lignes.

L’ARF a un autre sujet de préoccupation lié aux transports ferroviaires, celui du financement des infrastructures, dont un audit, rendu public le 20 septembre, a révélé l’état dégradé, en particulier sur les liaisons interrégionales. Cette question devrait être débattue avant la fin de l’année entre l’ARF et le ministère des transports.



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