Le quartier Nord à nouveau en proie aux démolitions ? S’il est une zone à Bruxelles qui a été dévastée, saccagée, c’est bien le quartier Nord. Alors qu’il cicatrise ses plaies, Il pourrait connaître un nouvel avatar : la SNCB a dans ses projets le remodelage de ses voies à hauteur de la gare du Nord.
L’idée ? Fluidifier le trafic en évitant les cisaillements de voies. Ces travaux permettraient des facilités d’usage des voies dans la perspective d’importants développements ultérieurs du trafic. Mais pour cela, il faut élargir le socle et mordre sur la voirie communale, rue du Progrès. Ce qui implique la démolition de près d’une trentaine de maisons, entre l’avenue de la Reine et la rue des Palais, à Schaerbeek. Un remodelage qui signifie le déménagement forcé d’au moins une centaine de personnes...
Ce projet dormait apparemment dans les tiroirs de la SNCB depuis des lustres. Notons que la démarche est légitime puisqu’il s’agit de favoriser les transports en commun dans la perspective d’un redéploiement du rail. Mais le coût urbanistique est élevé. Le dossier est déjà à la Région (c’est elle qui délivre les permis) et les habitants ont reçu d’Infrabel (qui s’occupe des infrastructures de la SNCB), selon la procédure légale, un courrier les prévenant d’une possible expropriation.
A la commune de Schaerbeek, par où transitent toutes les demandes administratives, on est attentif au dossier. L’échevine de l’urbanisme Christine Smeyster (Ecolo) prend fait et cause pour les habitants. Il est vrai que le cas de figure fait penser à David contre Goliath. Sans l’appui communal, les riverains risquent d’être bien esseulés face à la machine de guerre de la SNCB.
Pour l’heure, la commune a rameuté le monde associatif (le Bral, Inter-Environnement, etc.) et compte suivre pas à pas le dossier. Il n’en est pour l’instant qu’au début du processus mais Infrabel semble pressée. Dans les jours qui viennent sera lancée l’enquête publique relative au cahier des charges (très technique) de l’étude d’incidence. Devrait suivre, sans doute pour le printemps, l’étude d’incidences elle-même, suivie de la demande de permis d’urbanisme, deux étapes précédées d’une enquête publique où les habitants auront l’occasion de faire valoir leur point de vue. La SNCB escompte un permis pour l’automne 2006. Un calendrier, au vu des embûches qui ne tarderont pas à s’accumuler.