Première tentative de rapprochement entre les habitants de la rue du Progrès et la SNCB, en début de semaine au « Soleil du Nord », près de la place Gaucheret. La société des chemins de fer a dans ses cartons le remodelage des voies à hauteur de la gare du Nord.
L’idée ? Fluidifier le trafic en évitant le cisaillement des voies. Mais pour cela, la SNCB doit élargir le socle et mordre sur la rue du Progrès. Une trentaine de maisons sont menacées d’expropriation (soit une centaine de personnes). Le projet menace aussi, visuellement, tout le reste de l’artère. Des centaines d’habitants sont concernés.
La réunion a rassemblé près de 100 personnes. Les représentants de la SNCB, plus exactement de la SA Tuc Rail et Infrabel (infrastructures ferroviaires) ont enfin rencontré les habitants, sous les auspices de la commune de Schaerbeek. Celle-ci a pris fait et cause pour les riverains, tout en reconnaissant, précise l’échevine écolo Christine Smeysters (urbanisme), que les objectifs de la SNCB rencontrent assez bien la volonté de développer les transports publics en Région bruxelloise.
Il est clair cependant que les projets de la SNCB vont profondément modifier la vie du quartier.
Les chemins de fer projettent de construire deux voies qui enjambent les autres. On parle d’une dénivellation allant jusqu’à 10 mètres par rapport à la rue du Progrès. La commune acceptera-t-elle un tel projet sans avoir l’assurance d’aménagements visuels considérables (tels que la création d’un talus ou la reconstruction du tissu urbain) ?
Quant aux habitants menacés par l’expropriation, ils attendent des réponses claires de la SNCB (conditions, valeur des immeubles, délais, déménagements, etc.). Et il est évident que locataires (avec ou sans bail) et propriétaires ne seront pas logés à la même enseigne.
Bref, ce ne sont pas les questions qui manquent, d’autant que les habitants apparaissent bien divisés. Ceux qui risquent d’être chassés de leurs maisons n’ont pas exactement les mêmes craintes que ceux qui redoutent les nuisances d’un énorme et interminable chantier en face d’eux.
La commune de Schaerbeek est consciente de cette disparité et entend aider les habitants en étudiant les demandes spécifiques de groupes de riverains. Il est douteux toutefois que la SNCB obtienne son permis d’urbanisme avant la fin 2006.