Lors de sa création, en novembre 2004, l’iDTGV avait été présenté par la SNCF comme une formule permettant de voyager à petit prix entre Paris et Marseille ou Montpellier. Acheter son billet par Internet quatre mois à l’avance permet de bénéficier de places à 19 euros en deuxième classe et à 39 euros en première. Mais, plus l’heure du départ approche, plus le billet risque de coûter cher.
L’iDTGV utilise l’une des deux rames d’un TGV ordinaire. Des animations publicitaires sont proposées dans le "salon", une demi-voiture de première. Pour les voyageurs, le bilan n’est pas toujours satisfaisant. Ainsi, une place de première achetée à la dernière minute en période "creuse" peut être meilleur marché qu’une de seconde achetée un mois à l’avance. Lors des grands week-ends, la place de seconde peut atteindre 99,90 euros, soit 11 euros de plus qu’un plein tarif en période de pointe.
Les billets ne sont pas remboursables et il est interdit de les revendre ou d’en faire profiter un tiers à la dernière minute ; le nom du voyageur doit correspondre à celui inscrit sur le ticket, sous peine de devoir acquitter 110 euros (150 en première) pour un nouveau titre de transport.
Un billet iDTGV peut être échangé jusqu’à la veille du départ, à condition de ne pas avoir été imprimé. Mais le passager paiera une retenue de 10 euros et ne sera pas remboursé de l’éventuelle différence de prix entre le billet initial et celui du nouveau titre de transport.
Une fois à bord de l’iDTGV, le client n’a pas le droit de changer de siège, sauf autorisation du contrôleur, rebaptisé "superviseur", et cela même lorsque le "salon" est inoccupé. Les animaux sont interdits (amende : 45 euros). Les enfants de moins de 4 ans doivent voyager sur les genoux de leurs parents ou payer une place entière. Enfin, les règles d’indemnisation des voyageurs en cas de retard sont moins avantageuses que celles des autres TGV (19 euros pour une heure, au lieu du tiers du prix du billet au-delà d’une demi-heure de retard).
Le taux de remplissage n’excède pas 77 %. L’iDTGV est une filiale à 100 % de la SNCF, dont il utilise les infrastructures et le personnel. Les syndicats dénoncent une politique qui, sous couvert de prix cassés, ne profite qu’à ceux qui peuvent voyager en période creuse. Quant aux animations, censées être lucratives, sept seulement ont été organisées depuis la création de l’iDTGV. Ni la SNCF ni les partenaires ne veulent divulguer les prix pratiqués pour la location du "salon".