Les jolis terrains de la SNCB

Classement géographique :

SAF. Société d’acquisition foncière. Derrière ces trois lettres se cache un outil essentiel au développement de la Région bruxelloise puisqu’il est chargé notamment d’acquérir pour le compte de la Région les terrains non utilisés de la SNCB.

Contrairement à la Flandre et à la Région wallonne, Bruxelles dispose de peu de réserves foncières pour assurer son développement futur. La Région veut légitimement les acquérir afin d’y planifier d’ambitieux projets. D’où la création de la SAF qui s’intéresse à quatre sites non utilisés de la SNCB : Auderghem (5 000 m²), Schaerbeek - Formation (40 000 m²), la gare Josaphat (25 000 m²) et Delta (4 800 m²).

Sur le principe de la SAF, tout le monde est d’accord, majorité régionale comme opposition. Le problème ? Le temps. La SNCB a l’intention de vendre rapidement ces terrains. Le fédéral a même inscrit pour 2005 une recette de 160 millions d’euros pour la vente. Le risque de voir ces sites convoités lui échapper inquiète le gouvernement régional. Des projets privés, qui ne cadrent pas avec le développement urbain voulu par le gouvernement, pourraient éclore.

Mais, à vouloir courir, on risque d’aller trop vite ! En juillet, le projet de création de la SAF a été adopté au pas de charge et dans la confusion au parlement bruxellois. L’opposition MR, emmenée par Didier Gosuin, a stigmatisé la procédure utilisée (un projet déposé par des parlementaires de la majorité et non par le gouvernement), un artifice qui a permis au gouvernement Picqué de se passer de l’avis du Conseil d’Etat et de gagner du temps. Gain risqué, car cet avis, certes non obligatoire, bétonne l’ordonnance adoptée.

Deux actionnaires

Constituée officiellement le 19 août 2005, la SAF a pour l’instant deux actionnaires : la Région (999 actions sur 1 000) et la SDRB (Société de développement pour la Région de Bruxelles). Elle a pour objet légal d’acquérir les réserves foncières qui constituent un enjeu pour Bruxelles. Elle sera chargée de gérer les terrains acquis et confiera leur développement à d’autres organismes régionaux tels que la SDRB ou le Port de Bruxelles.

Son capital de départ s’élève à 10 millions d’euros. Pour 2005, la SAF bénéficie d’une dotation de la Région de 27 millions d’euros plus 10,9 millions d’euros provenant de la SDRB. D’autres financements sont envisagés. Sont sollicités la Srib (Société régionale d’investissement de Bruxelles) et Beliris. Le montant de l’aide pour 2006 est en négociation.

Si la SAF apparaît relativement bien dotée, les montants annoncés sont insuffisants pour acheter les terrains SNCB. Par ailleurs, la Région, toujours pressée par le temps, a lancé un appel d’offres au privé (publié au Moniteur) pour développer des partenariats sur ces terrains. Mais, une fois encore, elle l’a fait dans la précipitation. Elle n’a donné qu’un mois au privé pour qu’il se manifeste. Vraiment très court... Peut-on vraiment élaborer des projets de partenariat en un mois ? A moins que les jeux soient pipés et que des projets précis soient dans les cartons...

L’opposition MR (mais aussi le CDH Denis Grimberghs) a critiqué cette rapidité suspecte et réclamé plus de transparence. Critiques payantes puisque le gouvernement Picqué a préféré retirer l’appel d’offres. On en est là. Difficile, la gestation de la SAF.



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