SNCB : « La clé de répartition 60/40 est dépassée »

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Pour Karel Vinck, il faut prendre d’autres mesures pour assurer les travaux en Flandre et en Wallonie. Il juge les critiques de son successeur injustifiées.

Environ un an après son départ de la SNCB, Karel Vinck revient sur son passage à la tête de l’entreprise ferroviaire (06/2002-01/2005).

Que retenez-vous aujourd’hui de votre passage à la SNCB ?

J’avais cru en prenant mes fonctions d’administrateur délégué que toute initiative serait freinée par les contraintes sociales. Mais j’ai été agréablement surpris. Toutefois, j’ai mis un an pour trouver la longueur d’onde sur laquelle je pouvais vibrer avec les syndicats. La dernière année a été très fructueuse. Il y a deux éléments qui sont indispensables dans la gestion d’une entreprise et cela est aussi valable en politique : la crédibilité et la communication.

Comment jugez-vous aujourd’hui l’évolution de la SNCB ?

Je ne sais pas comment l’administrateur délégué du holding-SNCB, Jannie Haek, prend maintenant le problème et je ne connais pas non plus le contenu des négociations sociales. Mais je suis convaincu qu’on peut résoudre le problème de la SNCB sans un bain de sang social, parce que la courbe démographique est telle qu’il y aura une réduction conséquente du personnel dans les années à venir. Il faudra donc procéder à des remplacements et c’était d’ailleurs prévu dans les plans initiaux. M. Haek a récemment dit dans une interview que le plan Move a créé plus d’opposition que résolu des problèmes, mais je ne le pense pas.

Une critique de votre gestion ?

Oui, mais j’assume les décisions que j’ai prises à l’époque et je trouve cette critique injustifiée. Mon objectif quand j’ai élaboré le plan Move était d’amener la SNCB au même niveau que les meilleurs. J’avais pris les Suisses comme point de comparaison car leur entreprise ferroviaire était bien structurée et fonctionne aussi très bien. Leur grand avantage est que, quel que soit le gouvernement à la tête du pays, il y a toujours une stabilité de sa politique vis-à-vis de leur transport public. Ce n’est pas le cas en Belgique à cause des équilibres budgétaires et la vision des ministres qui entraîne de fréquents changements. Pour être les meilleurs, je suis arrivé à la conclusion qu’il faut 32 000 personnes pour faire fonctionner la SNCB. L’annonce a donné lieu à une grève. Aujourd’hui, je me rends compte que c’était de la mauvaise communication de ma part. J’aurais dû dire qu’on va passer de 42 000 à 38 000 cheminots pour fin 2005 avec l’objectif d’arriver à 32 000 travailleurs. Mais on est arrivé à un accord avec les syndicats sur les 38 000 et c’est ce qu’ils vont faire.

Et les investissements ferroviaires ?

Indépendamment des problèmes communautaires, il faut que la Belgique reconnaisse l’importance de ses ports (Anvers, Zeebrugge) comme un élément essentiel dans le positionnement du pays. Quant à la clé de répartition 60/40 qui donne lieu à des chamailleries au niveau politique, je crois qu’elle est dépassée et qu’il faut la faire sauter. Mais il faut prendre les mesures pour réaliser les investissements nécessaires en Wallonie et en Flandre.



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