Rançonnage et pillage dans le train Nice-Lyon. Le jour du nouvel an, au petit matin, une trentaine de jeunes venus fêter la bonne année sur la Côte d’Azur ont saccagé le Corail qui les ramenait chez eux dans le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. Entre Nice et les Arcs (Var), une heure durant (entre 6 et 7 heures), ils ont circulé dans la dizaine de voitures et y ont semé la terreur.
Alerte. Certains jeunes encerclent des voyageurs pour les dépouiller de leur téléphone portable, d’autres lacèrent des fauteuils et s’en prennent physiquement aux voyageurs. Ces derniers, « bloqués dans la peur, tentent d’esquiver leurs agresseurs », raconte un gendarme. Quand le chef du train donne l’alerte, le train s’approche de la gare des Arcs, commune de 5 600 habitants. Il est 7 heures du matin quand le convoi s’y arrête. Il ne repartira qu’une heure et demie plus tard avec, à son bord, une quinzaine de gendarmes. « Ça s’est calmé tout de suite », déclare un gendarme. A Toulon, la police ferroviaire (une équipe de quatre personnes) vient prendre le relais des gendarmes qui quittent le train. Cela recommence de plus belle jusqu’aux alentours de Marseille. Cendriers arrachés, tablettes de fauteuils cassées, poubelles renversées... Des passagers tirent le signal d’alarme. Le train stoppe à quelques mètres de l’entrée de la gare Saint-Charles. Certains jeunes en profitent pour s’échapper sur les voies.
Pour le procureur de Draguignan, cet épisode est « une véritable scène de pillage ». « Il s’agit d’un phénomène de bande, une montée en puissance de jeunes réunis dans le premier train du retour après une nuit de fête », commente-t-on à la gendarmerie de Draguignan. « Le train a même été caillassé, ajoute Alain Salesky, de la SNCF Paca. Cela reste un acte isolé, mais le nombre de personnes fautrices de trouble est quand même très important. »
Trois voyageurs ont pu identifier leurs agresseurs, dont une jeune fille de 20 ans qui aurait été victime d’attouchements sexuels. Deux hommes de 19 ans, soupçonnés d’avoir participé au saccage, ont été arrêtés et placés en détention provisoire après leur comparution immédiate, lundi, devant le tribunal correctionnel de Draguignan. L’un des deux hommes, qui habite Avignon, devra suivre une expertise psychiatrique pour atteinte sexuelle en réunion. L’autre est en récidive légale. Tous deux devront répondre de vols en réunion. Leur procès est reporté au 6 mars. Un troisième jeune, mineur, a été interpellé et sera jugé séparément.
Plainte. En cette soirée de nouvel an, la SNCF avait mis en place des équipes de police ferroviaire un peu plus importantes qu’en temps normal. Mais aucune n’était prévue entre les gares de Saint-Raphaël et Toulon. La SNCF a porté plainte pour dégradation de matériels et agressions sur personnes. Pour ce week-end de réveillon, l’entreprise avait proposé des tarifs particuliers à un euro pour les usagers de la région Paca.