Entretien

SNCB : « On est à la limite de la rupture »

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Gérard Gelmini, président de la CGSP-Cheminots dit qu’il faut vite recruter des agents, si l’on veut éviter les accidents. Il promet la fermeté lors des futures négociations.

Quel sera votre combat à la tête de la CGSP-Cheminots ?

Il y a aujourd’hui un tas de défis à relever. Le premier vise la structure de la SNCB (une holding chapeautant deux filiales). Elle a à peine un an et son fonctionnement mérite encore des améliorations. Nous devons aussi veiller à ce qu’il y ait une cohérence de groupe entre trois entreprises qui ont toutes les trois le statut d’entreprise publique autonome.

Eurostat ne vient-il pas de critiquer le mécanisme ?

L’office de statistique de l’Europe remet en cause le montage de reprise de la dette historique (7,4 milliards d’euros) de la SNCB élaboré par le fédéral. Or l’opération avait été suggérée par la Commission européenne et plusieurs pays comme la France ou l’Allemagne l’ont aussi pratiquée. C’est un problème purement politique et il revient au fédéral de le régler. Quelle que soit l’option choisie, il a été décidé qu’on ne fera plus peser ce déficit sur la SNCB et qu’elle ne remettra pas en cause la nouvelle structure du groupe, ni les attributions dévolues à chaque entité.

Quels sont les autres défis ?

Il y a aussi l’exécution du protocole d’accord social que nous venons de négocier en marge du plan d’entreprise 2006-2007. C’est un document cadre qu’il faudra couler en textes applicables pour tout le personnel. Lors de la négociation qui aura lieu en commission paritaire nationale, direction et syndicats de la SNCB essaieront d’entamer une nouvelle négociation pour gagner davantage malgré l’accord. Ce qui laisse entrevoir des discussions extrêmement difficiles en perspective.

Quelle sera votre ligne de conduite lors de la négociation ?

La fermeté et le respect de la lettre du protocole. Les points forts du protocole reposent sur deux axes. Le premier concerne l’emploi où les syndicats ont obtenu de la SNCB qu’elle garantisse 38 000 postes de travail, soit 37 000 emplois équivalent temps plein (ETP) sur 2006-2007. Le second point concerne les nouveaux recrutements : il est important, car en comparant la pyramide des âges à la SNCB, on constate qu’environ un quart du personnel va quitter l’entreprise dans les 5 ans. Il faudra donc procéder à des recrutements massifs à la SNCB.

La SNCB manquerait-elle déjà de bras ?

Il nous manque déjà aujourd’hui du personnel essentiellement dans les fonctions de terrain. Ce qui fait que les cheminots travaillent à l’heure actuelle dans des conditions parfois limites en termes de sécurité, on leur fait faire des heures supplémentaires, on fait travailler les brigades de poseurs de voies la nuit, les week-ends alors qu’ils sont censés travailler à des heures régulières.

On est à la limite de rupture de la corde de sécurité et si on ne recrute pas rapidement, on pourrait s’attendre à ce que ça débouche sur des accidents.



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