Ancien ministre des Travaux publics et président de la Commission CDH « Liège Métropole », Jean-Pierre Grafé tire le signal d’alarme. Infrabel, chargée des infrastructures SNCB, lui a confirmé avoir été avertie par les chemins de fer allemands (DB) du report, sans fixer de dates, des travaux prévus sur le trajet du TGV dans le tronçon entre la frontière allemande et Aachen et principalement dans le tunnel de Busch (755 m) peu après la frontière belge.
« Si la Belgique va réaliser dans les temps (fin 2007) les tronçons entre les frontières française et allemande, les menaces sur la ligne européenne TGV-Nord - lire Est-Ouest en Belgique - sont réelles, dit J-P. Grafé, à cause d’un hiatus entre la frontière belge et Düren. »
En fait, le plus gros du problème se situe au tunnel dit de Busch, à double voie, en très mauvais état et dans lequel la vitesse est limitée depuis des années à 40 km/h. Depuis près d’un an, les chemins de fer allemands ont entrepris le percement d’un nouveau pertuis à simple voie à côté de l’ancien tunnel qui devait être terminé pour fin 2007 et permettre ainsi le passage de la frontière par un TGV à 160 km/h. Une fois ce pertuis réalisé, la DB se proposait de chemiser — lire rénover — l’ancien tunnel pour rétablir la double voie.
Mais patatras, ces projets sont stoppés, remisés après 2009 sans date précise, la DB préférant favoriser ses liaisons avec l’Est du pays et la Pologne. Trois dangers se profilent à l’horizon pour le TGV aux Guillemins qui, sans les travaux en Allemagne, ne serait qu’un terminus et non un arrêt important au coeur de l’Europe avec un atout dévalué : la multimodalité. Le risque est de voir un axe Paris-Strasbourg-Francfort ou Anvers-Rotterdam-Berlin prendre le pas et rattraper un retard qui est de l’ordre de deux ans sur nos liaisons vers l’Allemagne. Et les Maastrichtois seraient tentés d’aller chercher le TGV à Aix-la-Chapelle sans passer par Liège si la liaison avec l’Allemagne est ralentie.
« D’autre part, précise J-P. Grafé, le TGV fret Paris-Bierset-Allemagne, n’est pensable que s’il va de Paris à Cologne et pas sur une voie unique. » Enfin, il n’est pas imaginable d’accoler des wagons TGV passagers et fret, quand on sait qu’un arrêt en gare pour les premiers dure 8 minutes et bien plus pour le transfert de marchandises même petites.