France

L’Etat engage un plan pluriannuel de rénovation du réseau ferré

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D’ici à 2010, un budget de 1,87 milliard d’euros sera consacré au renouvellement de 2840 kilomètres de voies au plan national, sur un total de 29 500 kilomètres.

Le ministre des transports, Dominique Perben, devait présenter, lundi 22 mai, à l’occasion d’une visite sur un chantier entre Les Aubrais (Loiret) et Vierzon (Cher), un plan de rénovation du réseau ferré national sur la période 2007-2010.

D’ici à 2010, c’est un investissement total de 1,87 milliard d’euros qui sera consenti. Il permettra le renouvellement de 2 840 kilomètres de voies ferrées (sur un total de 29 500 kilomètres), ainsi que d’ouvrages d’art (tunnels, postes d’aiguillage). Ce programme concerne aussi bien les lignes à grande vitesse et lignes principales que celles à trafic moyen et faible.

En septembre 2005, un audit, réalisé par l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse), avait pointé la dégradation du réseau ferré français. Il avait souligné que, si aucun investissement supplémentaire n’était réalisé, seul un tiers de ce réseau subsisterait d’ici à 2025 (Le Monde du 21 septembre 2005).

Les auteurs du rapport avaient préconisé une dépense de 3,1 milliards d’euros par an, à l’horizon 2015-2020, afin de soutenir « des investissements de renouvellement, destinés à rajeunir l’infrastructure », et « un programme d’entretien des plates-formes de la voie et de ses abords ».

L’objectif du plan, présenté lundi, est « d’assurer la pérennité du réseau et de supprimer les ralentissements pénalisants ». Actuellement, sur certains axes, les trains circulent à 60 km/h, voire 40 km/h. Les déraillements de trains Corail à Saint-Amand-Montrond (Cher), le 14 octobre 2005, ou entre Neussargues et Saint-Flour (Cantal), le 25 février, étaient dus « à un défaut des voies ».

Chaque année, d’ici à 2010, des moyens supplémentaires seront donc affectés à la rénovation des voies : en 2006, 110 millions d’euros de plus seront dépensés par rapport à 2005, soit un total qui sera supérieur à 1 milliard d’euros. En 2007, le complément passera à 260 millions d’euros, avec un objectif de de 600 millions d’euros en sus en 2010.

En 2007, le financement supplémentaire sera assuré par l’Etat (92 millions d’euros), par l’Agence de financement des infrastructures de transports de France (pour 46 millions d’euros) et par des ressources propres au système ferroviaire : cessions d’actifs de RFF (90 millions d’euros), économies sur les voies de service (12 millions d’euros) et enfin contribution de la SNCF (20 millions d’euros).

Le ministère des transports veut inverser le déclin du renouvellement des voies. Depuis le début des années 1980, on est passé de 1 000 kilomètres rénovés par an à moins de 500 kilomètres ces dernières années.

Le gouvernement veut mettre à contribution les conseils régionaux dans la gestion des infrastructures ferroviaires et « examiner la possibilité de contractualiser des opérations de modernisation comportant des volets de renouvellement, afin d’améliorer la qualité de service ». Cette disposition risque de déclencher d’âpres discussions financières. Depuis la régionalisation des transports, en 2002, les régions ont massivement investi sur le matériel roulant. Mais les lignes restent du ressort de l’Etat.



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