La SNCF et la Deutsche Bahn se partagent le TGV Est

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Un TGV circule sur la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) Est entre Beuvardes (Aisne) et Treny (Meurthe-et-Moselle), le 13 novembre 2006, à l’occasion des premiers essais menés sur la ligne.

Anne-Marie Idrac, la présidente de la SNCF, et son homologue de la Deutsche Bahn (DB), Hartmut Mehdorn, ont signé, vendredi 25 mai à Paris, un accord de coopération qui donne naissance à une filiale commune baptisée Alleo (Alliance Est-Ouest). Détenue à parité par les deux entreprises, elle exploitera les lignes à grande vitesse entre la France et l’Allemagne à partir du 10 juin, date de la mise en service des lignes TGV et ICE. Alleo aura son siège à Sarrebruck dans la Sarre.

« Nous contribuons à la construction de l’Europe ferroviaire mais aussi de l’Europe tout court », a déclaré Mme Idrac. Pour M. Mehdorn, c’est un « événement historique » et une « étape essentielle dans l’amitié franco-allemande ». La SNCF et DB espèrent ainsi doubler le trafic entre la France et l’Allemagne pour atteindre 6 millions de passagers d’ici à 2012.

Alleo, contrairement à Eurostar ou Thalys, ne sera pas une marque commerciale et ne disposera pas d’un matériel spécifique pour le réseau. Les deux lignes exploitées par Alleo seront celles de Paris-Francfort et de Paris-Stuttgart.

La ligne Paris-Francfort (la ligne nord) reliera les deux villes via Mannheim, Kaiserslautern, et Sarrebruck. La liaison sera assurée par un ICE allemand en 3 h 50, contre 6 h 15 aujourd’hui.

La ligne sud (Paris-Munich) reliera la capitale française à son homologue bavaroise en TGV français via Stuttgart, Karlsruhe, Strasbourg. Le temps de parcours prévu entre Stuttgart et Paris sera de 3 h 40 (contre 6 heures actuellement). Entre Paris et Munich, la durée du voyage passera de 8 h 30 à 6 heures.

LÉGISLATIONS SUR LE TABAC DIFFÉRENTES

Côté français, les trains circuleront en vitesse de pointe à 320 km/h mais, passé la frontière, ils ne dépasseront pas les 200 km/h. Les Allemands ont investi 570 millions d’euros pour agrandir et moderniser leur réseau, un chiffre à comparer aux 3,2 milliards représentant le financement de la ligne côté français.

La montée en puissance de l’offre se fera en deux temps : à partir du 10 juin, il y aura 3 allers-retours entre Paris et Francfort et 3 allers-retours entre Paris et Stuttgart. En décembre, il y aura 5 allers-retours entre Paris et Francfort, et 4 entre en Paris et Stuttgart, dont un ira jusqu’à Munich.

Sur les parcours France-Allemagne, chaque réseau continuera de distribuer sa gamme tarifaire spécifique. Toutefois, la DB et la SNCF vont proposer un plein tarif et des prix d’appels identiques ainsi qu’une offre comparable pour les voyageurs qui fréquenteront assidûment ces lignes. A l’intérieur de chaque pays, la DB et la SNCF gardent la maîtrise de leurs tarifs.

Les négociations entre la SNCF et la DB n’ont pas toujours été simples, notamment en ce qui concerne la restauration et les systèmes de réservation.

Reste que l’harmonisation n’est pas totale. Les ICE allemands sont plus confortables. Il a aussi fallu régler le sujet des fumeurs, compte tenu de législations différentes des deux côtés du Rhin. On peut fumer dans un ICE sur la partie allemande de la ligne, pas sur la française. On ne peut en aucun cas fumer à l’intérieur d’un TGV.



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