Guy Verhofstadt (VLD) avait de nouveau pris de dangereuses libertés avec la vérité, vendredi, en annonçant avoir bouclé un accord avec les Communautés et Régions. C’était tellement peu vrai que ledit « accord » a encore dû être âprement négocié jusqu’à... lundi midi, week-end intégral compris !
Le point le plus intéressant des 13 dossiers qu’il englobe concerne, de loin, les investissements de la SNCB entre 2004 et 2007.
Un plan d’investissement portant jusqu’à 2012 avait déjà été arrêté. On l’a étalé jusqu’en 2014. Mais les Régions vont désormais pouvoir avancer de l’argent (que la SNCB leur remboursera plus tard) pour faire accélérer certains travaux qui leur sont vraiment utiles. On ne peut donc pas parler de régionalisation du rail, mais d’influence encore grandissante des gouvernements régionaux sur son évolution.
Concrètement, cela donne ceci.
SNCB. D’ici à 2007, elle investira 3.775 millions d’euros. Ses priorités seront nombreuses. Quelque 563 millions serviront à l’achèvement des travaux TGV, qui ont pris les énormes retards que l’on sait. Pour que le RER améliore enfin les accès à Bruxelles, 600 millions seront investis. En matière de sécurité, on consacrera 195 millions à un système de GSM plus performant pour les contrôleurs et à la modernisation des passages à niveau.
Dorsale wallonne. En parallèle, 224 millions amélioreront l’ accueil des voyageurs dans les gares. Et 110 trains à double étage supplémentaires pourront être commandés, pour augmenter la capacité du réseau aux heures de pointe.
Zaventem. La Biac (qui gère Bruxelles-National) préfinancera le projet Diabolo qui renforce la liaison ferroviaire entre Zaventem et Anvers. Les travaux seront finis en 2010 au lieu de 2014. Biac devient donc un acteur du rail, et percevra une partie des recettes des tickets de la ligne concernée.
Bruxelles. Le préfinancement par la Région bruxelloise servira à raccorder les terminaux containers au port de Bruxelles.
Wallonie. L’argent avancé par le Sud servira à améliorer l’axe Bruxelles-Luxembourg (lignes 161 et 162), de même qu’à moderniser le réseau entre Namur et Charleroi (ligne 130). On étudiera aussi la faisabilité d’une nouvelle dorsale wallonne, avec en priorité le raccordement de Gosselies au réseau ferroviaire actuel vers Charleroi et Bruxelles. Le reste des moyens servira à améliorer l’accueil des voyageurs dans des gares plus agréables, et à développer le trafic marchandises.
Flandre. Les travaux, avancés de 4 ans grâce au préfinancement par la Région flamande, permettront essentiellement d’améliorer l’accès aux ports d’Anvers et de Zeebruges.
Conflits budgétaires. Outre tous ces points sur la SNCB, la concertation entre les gouvernements du pays a permis de solder une série de vieux litiges financiers. La Communauté française ne devra pas sabrer dans son budget comme redouté pour aider le fédéral à garder le cap, à la grande satisfaction de MM. Hasquin et Nollet.