Le tramway sur pneus peine face à son concurrent sur rail

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Le tramway de Clermont-Ferrand devait entrer en exploitation sur la totalité des 14 kilomètres de la ligne lundi 27 août.

CLERMONT-FERRAND CORRESPONDANT

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Un des futurs tramway de Clermont-Ferrand effectue des essais, le 11 octobre 2006 à Clermont-Ferrand, trois jours avant son inauguration. La ligne desservie par ce transport en commun entièrement électrique aura 14 km de long.

La capitale auvergnate est la seule ville de France équipée du Translohr, un « tram » sur pneus développé par Lohr Industrie. Mais ce premier succès, obtenu par ce groupe familial alsacien, reste isolé. Il faudra attendre 2009 et 2010, si les procédures en cours aboutissent, pour voir le Translohr circuler aussi en Ile-de-France sur les lignes reliant Châtillon à Viroflay et Saint-Denis à Sarcelles.

Lohr a obtenu plus de succès à l’étranger, à Padoue, L’Aquila, et Mestre-Venise en Italie, ainsi qu’à Tianjin, en Chine. « Nous avons vendu une centaine de rames et une centaine d’autres sont en commande », précise Philibert d’Hotelans, le président de Translohr. Des chiffres sans commune mesure toutefois avec ceux qu’avance le grand rival Alstom pour son tramway de type ferroviaire : la commande de la 1 000e rame du Citadis devrait en effet être signée à l’automne.

Le principe d’implanter un tramway à Clermont-Ferrand a été adopté en 1992. Il aura fallu quinze ans pour le voir se concrétiser. Outre les péripéties politiques et juridiques, c’est essentiellement l’émergence, à la fin des années 1990, de systèmes dits « intermédiaires » qui a bouleversé le calendrier clermontois.

Le renouveau du tramway, symbolisé par l’ouverture d’une ligne à Nantes en 1983, reposait jusque-là sur une technologie ferroviaire classique, les rames dotées de roues en fer circulant sur des rails. Réputé cher et occasionnant des chantiers très longs, il semblait réservé aux villes importantes. D’où le développement de tramways sur pneus, le guidage étant assuré par une liaison entre les essieux et un rail central unique. La facture devait être allégée de 30 %. Clermont-Ferrand a été sensible à cet argument en faveur du pneu, tout autant qu’au lobbying exercé par Michelin qui y a son siège social.

« Les engagements en matière de coûts ont été tenus », affirme Louis Virgoulay, vice-président du Syndicat des transports de l’agglomération clermontoise. Chez Alstom, on conteste toutefois cette argumentation. « Il n’existe aujourd’hui aucune étude sérieuse permettant de conclure en faveur du pneu. Toutes les comparaisons objectives lors des appels d’offres récents, à Orléans, Nice, Le Mans ou Angers, ont conclu que le choix du tramway sur fer est le plus pertinent et le moins porteur de risques financiers, techniques et industriels », assure le groupe

Pour M. Virgoulay, les difficultés au démarrage éprouvées par Lohr tiendraient essentiellement à un problème culturel. « L’ingénierie française ne connaît que les systèmes ferroviaires. Elle impose des solutions dont on pourrait très bien se passer. Si on allait au bout de la logique du tram léger sur pneus, les coûts pourraient encore être abaissés. Il y a réellement pour les villes moyennes une opportunité financière pour bénéficier d’un tel équipement. »



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