C’est sympathique sur la forme. Et sans doute interpellant sur le fond. Dans une région où les services publics s’effilochent sans cesse, on en est au stade du service privé et néanmoins amical. Explications ? Les Amis du Rail d’Halanzy (ARH) ont bataillé pendant plus de 23 ans pour que reviennent les voyageurs sur la ligne Virton-Athus-Arlon avec desserte du Luxembourg. Et ils poursuivent avec le service… avant-vente.
« Nous avons voulu un plus, parce que la promotion de cette ligne n’est pas encore assez forte », glisse Michel Ambroise, président de l’association. L’ARH a donc lancé un « avis aux étudiants et navetteurs au départ des gares de Halanzy et d’Aubange, à ceux qui habitent les communes d’Aubange, Musson ou les communes frontalières, qui n’ont peut-être pas la possibilité de se rendre dans une gare, ou qui simplement souhaitent éviter des déplacements inutiles pour l’obtention de leurs abonnements ou leur renouvellement. » L’ARH propose, simplement, d’effectuer les démarches à la place du public cible. Organise un guichet, improvisé et gratuit, au domicile du président qui est aussi cheminot. L’homme prend les commandes, dépose argent et documents au guichet officiel à la gare d’Arlon, récupère l’abonnement et le redistribue à qui de droit, une fois de retour chez lui. « C’est un service, juste un intermédiaire. On ne prend le travail de personne. » C’est vrai qu’il n’y a pas de guichet officiel entre Virton et Arlon. L’ancienne gare d’Halanzy, devenue propriété communale, aura, une fois rénovée, son point-vente… que se sont engagés à tenir bénévolement les Amis du Rail. En attendant, ils ont commencé à leur privé…
Et ça marche. Les premières dizaines d’abonnements ont été réalisés à la gare d’Arlon via l’amical coup de pouce. « On fera un comptage au mois d’octobre », précise Michel Ambroise, qui constate le regain d’intérêt pour la ligne. « Il y aura les étudiants luxembourgeois qui viennent dans les écoles de la région. Et des navetteurs réguliers ou occasionnels, en service intérieur. Virton-Arlon en train, cela reste pratique et moins cher que le bus. »
On peut, quand même, se demander si assurer un tel service à la population concernée est bien du ressort d’une association locale. « Je ne sais pas ce qu’on en pense à Bruxelles ou ailleurs, rétorque Michel Ambroise. Ce n’est pas notre problème. Nous, on veut que la ligne existe, qu’elle soit un succès. On y a toujours cru. On reste cohérents. »