
Après le service minimum et avant la question des retraites, les problèmes récurrents du transport de fret par la SNCF mobilisent les syndicats. Olivier Marembaud, directeur général délégué du fret SNCF, a mis le feu aux poudres en déclarant, mercredi 5 septembre : « Les efforts de productivité impliquent des réductions d’emplois. Je ne les chiffre pas aujourd’hui, (....), ce ne sera pas quelques centaines d’emplois. Est-ce que c’est 1 000, 4 000 ou 5 000, je ne sais pas. »
Ces propos directs, rares, ont été aussitôt démentis par un communiqué de la SNCF. « Il n’y aura pas de suppressions de postes hormis ceux déjà budgétés en 2006 et 2007 soit 751 », affirme l’entreprise publique qui confirme, par ailleurs, d’ici à la fin de l’année la suppression de 262 gares dédiées à l’activité de wagons isolés.
« Cette cacophonie de la SNCF sur le fret n’a rien de surprenant », constate Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-cheminots. « Olivier Marembaud poursuit la même politique que Marc Véron (ancien directeur du fret) qui avait mis en place en 2004 un plan responsable du déclin du fret », poursuit-il.
L’activité fret reste dans une situation difficile même si, au premier semestre de 2007, cette branche a enregistré une légère progression de 3 % de son chiffre d’affaires et surtout limité sa perte courante à 102 millions d’euros, contre 140 millions d’euros au 1er semestre 2006.
« Ce signal positif ne traduit pas la réalité économique du fret », estime M. Le Reste. « En 2003, le fret a transporté 48 milliards de tonnes kilomètres (GTK), en 2007, nous ne sommes plus qu’à 40 GTK », rappelle-t-il.
Pour Gérard Le Mauff (FO), « il y a urgence à se bouger sur le fret, alors que les suppressions de postes sont en cours actuellement, quotidiennement, et que la direction ne propose d’ouvrir des discussions qu’à la mi-novembre ». Gérard Blanc, président de la CFE-CGC, fait une analyse assez proche. « La vraie concurrence au fret SNCF est la route, pas les nouveaux entrants (4 % à 5 % du marché), et il faut une réelle volonté politique pour qu’au nom de l’environnement le fret soit acheminé sur rails : l’Etat doit y mettre les moyens », indique-t-il. La CGT en appelle sans surprise à l’Etat. « L’Etat actionnaire de la SNCF doit intervenir sur la question du fret dont les enjeux environnementaux dépassent les compétences de la direction et des syndicats », affirme M. Le Reste. « Il faut maintenir la dynamique interprofessionnelle sur le fret à la veille du Grenelle de l’environnement », ajoute Christian Mahieux de Sud Rail.
Les huit fédérations de cheminots demandent avant le 17 septembre une rencontre avec le premier ministre François Fillon. Le 19 septembre une réunion interfédérale doit se réunir pour fixer les modalités d’une action pouvant conduire à l’annonce d’une grève. La veille, le président de la République, Nicolas Sarkozy, devrait préciser le cadre des réformes des régimes spéciaux de retraites.