À la SNCF, les menaces de « conflit majeur » se multiplient

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Les principales organisations syndicales de la SNCF annoncent un durcissement du climat social et, les une après les autres, menacent les pouvoirs publics d’une grève.

La mise en place du service minimum, les grandes difficultés du fret et la question épineuse du régime des retraites les contraignent à montrer leurs muscles. « Des choix politiques sont en train de se mettre en place pour casser le service public », affirme Christian Mahieux, secrétaire général de SUD-Rail, la seconde centrale syndicale de la SNCF, à égalité avec l’UNSA.

Les déclarations du premier ministre François Fillon, dimanche 9 septembre, annonçant que la réforme des retraites est « prête » dans l’attente d’un « signal » de Nicolas Sarkozy, ont entraîné une série de mises en garde syndicales. La SNCF compte aujourd’hui 165 500 salariés et 319 000 bénéficiaires de pensions de retraites.

La CFDT Cheminots a prévenu, lundi, que « tout passage en force générera un conflit majeur ». Une réunion lundi soir entre les syndicats SNCF et Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat chargé des transports, n’a « apporté aucune précision » sur les régimes spéciaux, a indiqué Alain Cambi de SUD-Rail. La situation est devenue « inacceptable et ingérable », a affirmé Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT, la première centrale syndicale de la SNCF.

« Le régime des retraites est lié au contrat d’embauche et aux conditions salariales du cheminot », rappelle Armand Morvan, secrétaire général de la CFDT-Cheminots. « En devenant cheminot, on accepte une rémunération modeste, et les astreintes du service car il y a la perspective d’une retraite plus rapide », souligne Jean-Daniel Bigarne, secrétaire général de l’UNSA.

« Adosser le régime spécial des agents de la SNCF au régime général ne fera qu’aggraver le système des retraites, explique M. Morvan. L’Etat, actionnaire unique de la SNCF, devra toujours compenser le déséquilibre financier du régime des retraites. »

Le silence de l’entreprise

Pour SUD-Rail, la « déclaration de guerre » sur les retraites est le prélude à la remise en question du régime général. « Le gouvernement s’attaque aux régimes spéciaux pour pouvoir, avant mars 2008 (date des élections municipales), remettre en débat le régime général et le principe de la répartition des retraites », affirme M. Mahieux.

En face, la direction de la SNCF reste muette. Elle rappelle que l’Etat, seul propriétaire de l’entreprise, est responsable de ses orientations stratégiques. Les dirigeants de la SNCF ne veulent surtout pas alimenter la polémique et craignent un nouveau durcissement pouvant déboucher sur une grève, alors que se déroule la Coupe du monde de rugby. La SNCF est non seulement partenaire de la manifestation, mais aussi et surtout son transporteur officiel.

Une réunion, regroupant les huit organisations syndicales de la SNCF est annoncée pour le 19 septembre et devrait décider ou non d’un appel à la grève générale. La veille, M. Sarkozy devrait avoir précisé les orientations de la réforme des régimes spéciaux.



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