Les principaux partenaires de la SNCB ont effectué leur rentrée vendredi au cabinet du ministre des Entreprises publiques, Johan Vande Lanotte (SP.A). Et le moins qu’on puisse écrire est que les différentes parties ont engagé l’entreprise ferroviaire dans une autre direction que celle que l’administrateur délégué, Karel Vinck et son staff voulaient lui faire prendre avant les vacances. Certes l’équilibre budgétaire demeure l’objectif à atteindre, mais la date butoir de 2007 comme mentionnée dans le plan « Move 2007 » de Karel Vinck n’est plus d’actualité.
D’après le communiqué du ministre Vande Lanotte, trois points ont fait l’unanimité. « L’objectif global est, à terme, d’assurer un service ferroviaire efficace, sûr et de qualité dans le cadre d’un équilibre budgétaire ; la mise en oeuvre du plan d’entreprise qui sera arrêté et de l’accord social concomitant s’opérera en plusieurs phases. La première phase concerne les années 2004 et 2005. Au terme de 2005, il sera procédé à une évaluation afin de décider, le cas échéant, d’apporter d’éventuelles corrections lors des phases ultérieures ; les parties viseront à conclure un accord social pour la fin de l’année 2003 », lit-on dans le communiqué du bourgmestre en titre d’Ostende. Il précise que « la SNCB est une entreprise avec un avenir ».
A la SNCB, on précise que « Move 2007 » reste la base des discussions futures et que ses éléments sont ouverts aux négociations. On rappelle que le nombre des dégagements de personnel évalué à 10000 travailleurs n’est pas un objectif en soi. Responsable des chemins de fer à la CSC, Dominique Dalne se réjouit de l’ouverture de Karel Vinck, mais il demande à ce qu’il soit tenu compte de certains éléments dans l’adaptation du plan d’entreprise qui devrait maintenant s’étaler d’abord sur deux ans : l’évolution du nombre de voyageurs et des recettes ainsi que de la pyramide des âges à la SNCB. « Le plan de mobilité externe que certains veulent appliquer à la SNCB (transfert d’agents vers la police) doit se faire sur base volontaire et il faut arrêter la comparaison avec Belgacom », prévient Dominique Dalne.
D’après lui, Johan Vande Lanotte, également ministre du Budget a confirmé la reprise de la dette de la SNCB à hauteur de 7,4 milliards d’euros et le plan d’investissement initialement prévu sur 12 ans pourrait s’échelonner sur 16, voire 18 ans.
José Damilot, président de la CGSP-Cheminots attend la rencontre de mardi 9 septembre pour voir si tout le monde (surtout la direction de la SNCB) a la même lecture des discussions de vendredi. « Le phasage de la réforme signifie que le plan « Move 2007 » de Karel Vinck est dépassé. Il faudra aussi coupler l’assainissement financier à l’amélioration de la qualité du service. Par ailleurs, lors de l’examen prévu en 2005, nous verrons si le gouvernement a rempli ses engagements en reprenant effectivement la dette », commente-t-il. D’après lui, la modification des structures autrefois envisagée par l’administrateur délégué, Karel Vinck est rangée au placard.