Le comité de concertation est arrivé lundi à un accord définitif sur le nouveau plan d’investissement de la SNCB. Et le moins qu’on puisse écrire est que le texte agrée toutes les parties, même si certains souhaitent davantage d’explications sur certains aspects de l’accord.
Le plan initial qui allait de 2001 à 2012 est rallongé de deux ans, mais la nouveauté la plus spectaculaire est l’introduction de la technique du préfinancement permettant d’accélérer certains travaux. « Les modalités du préfinancement doivent encore être définies, mais c’est un accord qui nous satisfait. Les régions préfinanceront des travaux que la SNCB remboursera après, mais sans les charges d’intérêt. Cela montre que les autorités fédérales et régionales prennent la SNCB au sérieux », se réjouit-on à la SNCB.
Mais l’entreprise ferroviaire doit investir 3,775 milliards d’euros entre 2004-2007 dont 601 millions pour le RER, 224 millions pour améliorer l’accueil des voyageurs et 195 millions d’euros pour renforcer la sécurité (achat de GSM). Elle consacrera entre autres près d’un milliard d’euros à l’entretien et 563 millions d’euros pour terminer les chantiers en cours du TGV (Anvers, Bruxelles, Louvain). L’achat de matériel roulant (110 trains à double étage) supplémentaire est aussi à l’agenda, mais il semble que la SNCB entend utiliser d’anciens wagons. Le préfinancement à charge des autres partenaires porte sur des travaux que ces derniers ont jugés prioritaires. Biac, gestionnaire de l’aéroport de Zaventem avance la somme de 106 millions d’euros pour accélérer les travaux du diabolo, la liaison ferroviaire avec l’aéroport qui pourra ainsi être opérationnel 4 ans plus tôt (2010 au lieu de 2014). Biac recevra en retour une partie - à déterminer avec la SNCB - des recettes de la vente des billets sur la ligne.
La Région flamande va préfinancer les travaux du tunnel de Liefkenshoek (375,8 millions d’euros), une alternative appropriée pour le deuxième accès au port d’Anvers et ceux de l’amélioration d’accès au port de Zeebrugge (40,9 millions). La technique permettra ainsi de terminer les travaux en 2009 au lieu de 2014. « La Région wallonne examine le préfinancement ».
Les travaux à préfinancer en Wallonie sont évalués à 265,2 millions d’euros. Ils portent notamment sur l’amélioration de l’axe Bruxelles-Luxembourg, « dans le cadre du projet Eurocap Rail (ligne 161/162) » et la modernisation de la ligne 130 Namur-Charleroi.
Des études de faisabilité d’une nouvelle dorsale wallonne (priorité au raccordement de Gosselies au réseau ferroviaire actuel vers Charleroi et vers Bruxelles) et une politique d’accueil des voyageurs figurent dans les travaux qui pourraient être préfinancés par les Wallons. Sans oublier les investissements liés au développement du trafic marchandises notamment à la gare de Charleroi. « Du côté francophone, je crois que l’on a fait des choix raisonnés et raisonnables. Les différents travaux projetés entraîneront un gain de temps et permettront d’avoir recours au travail en régie, ce qui laisse entrevoir du travail pour les cheminots. Mais j’aimerais savoir les conséquences financières de l’accord pour la SNCB et avoir plus d’explication sur l’amélioration de l’axe Bruxelles-Luxembourg dans le cadre du projet Eurocap Rail », commente José Damilot (CGSP-Cheminots). Bruxelles pourra préfinancer le raccordement des terminaux containers du port (5 millions d’euros).
Satisfaction mitigée à la Région wallonne. « J’aurais préféré une autre technique de préfinancement, mais la Région doit accepter de le faire si nous ne voulons pas retarder les travaux. Cela dit, l’accord est bon dans l’ensemble. On ne touche pas à l’accord de coopération et la clé de répartition 60/40 est maintenue », dit José Daras, ministre wallon des Transports (Ecolo).