Charleroi

Une gare pour le grand nord carolo

L’étude de Transitec plaide contre une station ferroviaire sous l’aérogare
« Le choix doit prendre en considération l’ensemble de la zone », admettent les élus carolos. Et être pris très vite.

RÉACTIONS

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Une gare sous l’aéroport ou au nord de l’E 42 ? Il faudra choisir très vite.

Infrabel, le gestionnaire belge de l’infrastructure ferroviaire, a commandé il y a quelques mois, une étude de mobilité relative à l’implantation de la future gare de l’aéroport de Charleroi. Cette étude visait à définir quelle serait la meilleure option, en termes de mobilité, pour la desserte ferroviaire de l’aéroport. À l’heure actuelle, cette étude est toujours en cours et n’a d’ailleurs même pas été livrée à Infrabel par le bureau d’études. Toute information à ce sujet ne peut dès lors être qu’incomplète, voire inexacte. Dans l’intérêt du projet, Infrabel n’entend se livrer à aucune spéculation sur les résultats finaux de cette étude ou sur les options auxquelles elle pourrait donner lieu. La gare de l’aéroport de Charleroi est un projet stratégique et complexe, mobilisant des ressources importantes et qui mérite dès lors d’y accorder le temps nécessaire. » Par contre, nous n’avons pu joindre la présidente de BSCA.

Voilà la réaction in extenso de la filiale de la SNCB en charge des infrastructures ferroviaires. La publication, dans nos colonnes (Le Soir de mercredi), des résultats de l’étude technique concernant l’emplacement de la future gare de Gosselies — les experts plaident pour une gare au nord de l’autoroute plutôt que sous l’aérogare de BSCA — n’a pas suscité la même retenue de la part des forces vives carolorégiennes.

Les conclusions de l’étude font ainsi bondir Véronique Cornet, députée wallonne MR. « Depuis des mois, le ministre Antoine explique au parlement que la position du gouvernement wallon actuel a été validée par Infrabel et que la localisation de la gare sous l’aérogare ne fait plus de doute ». Accusant le ministre d’avoir « vendu du vent aux Carolos », elle réclame désormais que l’exécutif régional se mobilise pour que cet investissement ne soit pas renvoyé à la prochaine législature. Jean-Jacques Viseur (CDH), bourgmestre de Charleroi et président de la Sowaer (Société gestionnaire des aéroports wallons), s’empresse, lui, d’adhérer aux conclusions de l’étude Transitec – CSD Ingénieurs-Conseil. « Je souhaite la mise à plat des différents moyens de transport et qu’on choisisse le mode de desserte optimal. » Dans ce contexte, si une gare sous l’aéroport paraît l’idéal pour les passagers, analyse le bourgmestre, son coût (420 millions) fait réfléchir : à ce prix, le premier Carolo plaide plutôt pour une solution mixte avec une liaison par train (vers Bruxelles), un monorail (entre la gare et l’aérogare) et le métro léger (de Charleroi à l’aéroport/aéropôle).

L’aéropôle ! C’est là, dixit Xavier Desgain (Écolo), qu’il faut situer la gare. L’idée, chez les verts, n’est pas neuve. L’élu communal insiste aussi sur la nécessité d’une offre de transports publics qui prenne en considération les besoins des Carolos et pas seulement ceux des passagers.

« L’important n’est pas tant de savoir si cette gare sera au nord ou au sud mais que la décision soit prise rapidement par la SNCB, insiste Eric Massin (PS), échevin du Développement stratégique et président d’Igretec. Infrabel doit arrêter de changer de position tous les six mois, comme il le fait depuis dix ans. » Avis partagé par le futur secrétaire d’État, Olivier Chastel (MR) : « La SNCB avait déjà raté le premier train qui aurait été de concevoir la gare et le terminal en même temps. Voici trois ou quatre ans déjà que les forces vives carolos étaient favorables à une gare au nord, bien située pour le “park & ride” et servant aussi aux navetteurs. » Pour le Réformateur, l’étude actuelle est un « pavé dans la mare » car elle contredit les intentions affichées par la SNCB. Qui doit à présent se prononcer au plus vite, insiste-t-il.

« J’espère que les partisans de la gare enfouie ne vont pas déterrer la hache de guerre et retarder encore le prochain », s’inquiète Bernard Cayman, vice-président des commerçants carolos et patron de trois hôtels sur Charleroi. Une inquiétude exprimée à demi-mot par plusieurs autres interlocuteurs.



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