
Depuis quelques jours, en spots télés sur les chaînes françaises, l’eau sauvage ressort ses beaux attributs animaliers d’origine : le loup, l’ours, l’aigle. Ce n’est pas très gaumais, mais ces images de faune sauvage collent à une eau pure. Au-delà de ces clichés, Nestlé Waters Supply veut prouver que le développement durable n’est pas que paroles publicitaires.
D’une part, Valvert poursuit sa vie dans une nouvelle bouteille. Ce n’est pas du marketing pur. Un esprit environnemental s’y ajoute puisque cette bouteille est faite en partie avec du PET recyclé. « C’est la troisième forme de bouteille depuis le lancement, note José Leyder, directeur du site stabulois. La première, la “ronde-carrée”, pesait 40 grammes. Puis il y a eu celle qu’on connaît encore, la “rocher”, et désormais la nouvelle qui ne pèse plus que 29 grammes. On utilise 25 % de PET recyclé. Voilà quelques années, on avait déjà utilisé du PET recyclé pour la vente en Belgique, à raison de 51 %. C’était au moment où il y avait une surtaxe. Mais industriellement parlant, à long terme, passer au-delà des 25 % épuiserait vite le gisement de PET recyclé. Car tout n’est pas recyclable et le PET sert aussi dans d’autres domaines industriels. »
Les bouteilles sont comme toujours réalisées à Etalle, sur base de préformes, mais c’est l’unité de recherche et développement, basée à Vittel, qui a mis au point la nouvelle bouteille.
« Nous utilisons également des étiquettes avec de l’encre à base d’huile végétale, poursuit José Leyder. Nous agissons dans un cadre environnemental et la campagne promotionnelle vise à aider Valvert à se resituer sur le marché français. Elle vivait sur son aura de lancement, mais l’eau Aquarel a grappillé des parts de marché en France, tandis qu’en Belgique, les deux eaux sont en équilibre. Il fallait réagir en France. »
Sur les 150 millions de « cols » embouteillés à Etalle en 2007, 60 % concernent l’Aquarel. Mais l’objectif de Nestlé est de revenir aux chiffres antérieurs, soit 60 % de Valvert et 40 % d’Aquarel. L’entreprise vise aussi la vente dans un rayon d’environ 300 km. « Bien sûr, on la trouve encore en Tchéquie ou en Russie. Mais plus pour l’heure au Japon. Notre marché, c’est la Belgique, la France, le Luxembourg, la Suisse, en priorité. »
Des marchés proches, synonymes là aussi de respect de l’environnement. Car pour transporter l’eau, il faut des myriades de camions chaque semaine, ce qui ne colle pas bien avec l’image d’une eau sauvage et d’une entreprise (val)verte…
Or Valvert a un rail à proximité, une extension construite spécialement pour cette usine. « On va relancer le rail, explique José Leyder. Depuis octobre 2007, plus aucun train ne circule sur ce tronçon qui rejoint la gare de Marbehan. C’est lié à une décision de la SNCF qui a stoppé les wagons isolés, jugés trop onéreux. Elle ne voulait plus que des trains complets. On a dû se restructurer dans ce sens. Dès le mois de mai, une fois par semaine, il y aura donc un train de 24 wagons qui partira vers la France. Cela équivaut à une journée de camions. Et ce n’est peut-être qu’un début. Mais en deçà de 300 km, le train n’est pas rentable. »