À partir du dimanche 14 décembre prochain, Thalys pourrait supprimer ses trains internationaux circulant sur la dorsale wallonne qui relie Liège à la frontière franco-belge. Dans l’attente d’une décision formelle devant être prise, dixit Thalys, « dans les prochains jours », les réservations pour les voyages à compter de cette date ont en tout cas déjà été rendues impossibles. Un signe. « Avec un taux d’occupation des trains inférieur à 50 %, la ligne n’est pas rentable », expliquait hier la porte-parole du consortium Thalys. « Cela étant dit, j’insiste : aucune décision officielle n’a été prise. Il est prématuré de parler de suppression de trains sur la dorsale wallonne ». Les syndicats, eux, sont plus catégoriques. Soit.
Reste que, le cas échéant, les navetteurs Carolos, Montois, Namurois et Liégeois en seraient pour leurs frais.
Pour l’heure, un Thalys Liège-Paris s’arrête quotidiennement à Namur (7 h 20 en semaine et le samedi), Charleroi-Sud (7 h 56) et Mons (8 h 25). Arrivée dans la Ville-Lumière sous le coup de 9 h 44. Un horaire idéal pour les vacanciers d’un jour ou d’un week-end. Le retour, lui, est possible en soirée. Départ de Paris à 19 h 13 et arrivées en gares wallonnes entre 20 h 31 et 21 h 38.
Pour les Liégeois aussi, ce serait un sale coup. Car, s’ils garderaient six des sept liaisons quotidiennes vers Paris via Bruxelles (le Thalys de 7 h 35 passerait aussi à la trappe), la correspondance « wallonne » vers la capitale française assure un gain de temps de trente minutes (2 h 30 pour le Liège-Paris, contre 3 h 04 pour les Liège-Bruxelles-Paris).
Le bourgmestre de Charleroi Jacques Van Gompel (PS) se disait hier indigné. « Je ne comprends pas cette décision alors que la ligne remporte un succès commercial. Les rames sont généralement remplies. À titre personnel, j’ai dû me résoudre à passer par Bruxelles lors de mes deux derniers déplacements en famille à Paris, parce que les Thalys sont saturés sur la dorsale wallonne ». Et le maïeur de redouter des dégâts économiques collatéraux. « De nombreux hommes d’affaires français viennent à Charleroi par le Thalys, et idem pour nos entrepreneurs sur les marchés français. Je pense même qu’il serait souhaitable de dédoubler la ligne. »
Jacques Van Gompel a écrit au ministre des Transports Bert Anciaux (Spirit) et à l’administrateur délégué de la SNCB Karel Vinck, leur faisant part de son désaccord et de son étonnement.
Le député carolo Olivier Chastel (MR) est outré, lui aussi : « La décision est prise par la SNCF à Paris, qui semble se moquer de tous les habitants de la dorsale wallonne. Pour nous, c’est une véritable catastrophe, car on s’attendait à une augmentation de l’offre Thalys en Wallonie. Mais il est un peu trop facile pour la SNCB de se retrancher derrière la décision française. Je vais rédiger à la hâte une interpellation au Ministre Vande Lanotte car, quand on veut défendre un dossier on y arrive. »
D.SCA, D.C. et H.VSB.