La France va participer à la modernisation du transport ferroviaire indien

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NEW DELHI CORRESPONDANCE

La France a signé, mercredi 14 mai, un accord de coopération avec l’Inde pour l’aider à moderniser son réseau ferroviaire. D’après le centre d’études Indian Brand Equity Foundation, basé à New Delhi, le ministère indien des chemins de fer doit investir 56 milliards de dollars (36 milliards d’euros) dans les cinq prochaines années pour étendre et électrifier son réseau ferroviaire, moderniser son matériel et ses gares. Quelque 16,5 milliards d’euros devraient être investis à travers des partenariats public-privé. Des emprunts seront sollicités auprès des bailleurs de fonds comme la Banque mondiale ou la Banque asiatique de développement. Le réseau ferré compte également réinvestir une partie de ses bénéfices. Sur l’année fiscale 2007-2008, qui se termine au 31 mars 2008, ils se sont élevés à 3 milliards d’euros.

Pour accroître son chiffre d’affaires, le réseau ferré indien, qui transporte déjà 6,4 milliards de passagers et 800 millions de tonnes de fret par an, n’a pas d’autre choix que d’augmenter son trafic. Les tarifs ferroviaires sont soumis à la concurrence des autres modes de transport, notamment celle du transport aérien, dont le nombre de passagers croît chaque année à une allure de 30 %.

Deux lignes de chemin de fer, d’une longueur totale de 2 500 kilomètres, devraient être construites de Bombay à Delhi et de Delhi à Calcutta. L’agence de coopération internationale du Japon, qui dépend de l’Etat nippon, est sur le point d’investir 10 milliards de dollars dans le premier corridor industriel.

L’Inde veut à tout prix désengorger son trafic de fret, qui ralentit considérablement les délais d’acheminement. Un train de marchandises roule en moyenne à 20 km/h car il emprunte les mêmes voies ferrées que les trains de passagers. L’acquisition de locomotives plus rapides, 1 000 diesel et 1 000 électriques, devrait réduire les durées de transport. L’appel d’offres doit être lancé d’ici à mars 2009. Alstom espère remporter le contrat portant sur la fabrication de 1 000 locomotives électriques, estimé à 4 milliards de dollars. Pour cela, une usine devra être construite en Inde. « Nous sommes confiants dans la mesure où nous bénéficions d’une des meilleures technologies et d’une expérience similaire en Chine », estime Sunand Sharma, le président du groupe en Inde. L’activité ferroviaire ne représente que 5 % du chiffre d’affaires d’Alstom en Inde.

Le ministère indien des chemins de fer imagine d’autres sources de revenus que les activités de transport. Après avoir été nommé ministre des chemins de fer, en 2004, Lalu Prasad a envoyé les hauts fonctionnaires apprendre le marketing dans les écoles de management comme HEC ou l’Insead.

Depuis, des encarts publicitaires sont imprimés sur les billets de train et ils pourront bientôt s’acheter depuis un téléphone portable. Enfin, une chaîne de 1 000 hôtels va être construite dans des gares qui seront modernisées. Le ministère veut mettre à profit les 43 000 hectares de terrain qu’il possède.

À plus long terme, l’Inde envisage la création d’un réseau de voies ferrées pouvant accueillir le train à grande vitesse. La construction de quatre lignes, de 500 à 600 kilomètres chacune, est à l’étude. « Avec 2,6 milliards de passagers qui effectuent chaque année des trajets de longue distance, et l’émergence d’une classe moyenne qui réclame davantage de confort et de rapidité, le train à grande vitesse doit avoir sa place dans le pays », affirme Anjali Goyal, du ministère des chemins de fer.

En juin 2008, SNCF International va répondre à un appel d’offres pour étudier la faisabilité d’une ligne à grande vitesse reliant New Delhi à Amritsar, dans le nord du pays. Dans un pays où 70 % de la population dépend du secteur agricole, l’acquisition des terrains rencontre de nombreuses résistances. Les ingénieurs envisagent donc la construction de ponts ferroviaires, dont le coût, par kilomètre, est évalué à 6,5 millions d’euros.

Le secrétaire d’Etat français aux transports, Dominique Bussereau, a assuré, mercredi 14 mai à New Delhi, que la France était « prête à bondir si une décision politique indienne donnait le feu vert à la construction de réseaux de chemin de fer à grande vitesse ».



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