Transports

Le rail confirme son succès

Plus de 102 millions de voyageurs depuis janvier 2008
Le Soir, vendredi 1er août 2008, par Éric Renette
Record de fréquentation pour le premier semestre à la SNCB. Qui pourrait revoir ses engagements à la hausse.

La SNCB vit-elle sur un long rail tranquille ? Depuis sa (re)structuration en trois filiales en 2005, le chemin de fer belge vient d’enregistrer un record de fréquentation pour le premier semestre 2008 : 102 millions de voyageurs sur le trafic intérieur (le trafic international est compté séparément). C’est 4,3 % de mieux qu’au premier semestre 2007. La perspective de voir le nombre de voyageurs transportés en 2008 atteindre le chiffre de 205 millions devient donc raisonnable. Un chiffre qui n’avait plus été atteint depuis le milieu des années ’70, à une époque où il y avait 60 % de voitures en moins sur les routes du royaume.

Un ensemble de critères explique le succès du rail ces derniers mois. La croissance du prix du carburant arrive évidemment en tête. Surtout quand il se conjugue à la congestion des abords autoroutiers de la capitale. Il ne faut pas être grand philosophe pour déduire que payer plus cher pour avancer moins vite, ça fait réfléchir…

Autre critère déterminant : le pouvoir d’achat. La SNCB a en effet constaté que ce sont avant tout les formules tarifaires les plus avantageuses qui récoltent le plus de succès (abonnements domicile-travail ou école…). Enfin, les incitants fiscaux mis en place depuis plusieurs années pour favoriser les transports en commun font peut-être aussi leur chemin dans la réflexion budgétaire des ménages.

Dans tous les cas, l’opérateur SNCB (la filiale qui organise les trains et le trafic voyageurs) voit se concrétiser assez rapidement l’objectif statistique fixé dans son contrat programme adopté en juin dernier : une augmentation de fréquentation de 25 % en six ans, soit passer de 187,5 millions de passagers (2006) à 234 millions (2012). Soit une croissance moyenne de 3,8 % par an, déjà dépassée en 2007 et mi-2008.

Le coup du cercle vertueux

Du coup, face à une réalité statistique qui dépasse les prévisions et qu’il est raisonnable de prédire durable à (au moins) moyen terme, la SNCB met son été à profit pour refaire ses calculs. À la rentrée, elle pourrait ainsi argumenter à la hausse auprès de son principal bailleur de fonds, l’État fédéral. En s’engageant à dépasser les 25 % initialement prévus, elle pourrait prétendre à une subvention plus élevée. Et ainsi accélérer ses moyens d’attirer et de transporter plus de monde… Soit tout l’inverse du cercle vicieux : la définition du cercle vertueux dont le résultat implique à son tour l’amélioration des choses.

Réponse à la rentrée, quand les analyses seront terminées. Encore faudra-t-il voir, à ce moment-là, s’il y a quelqu’un, au gouvernement fédéral pour entendre la demande. Absorbé par des préoccupations plus communautaires, le gouvernement se satisfait en effet aujourd’hui d’une entreprise publique qui remplit ses engagements. Une entreprise publique qui veut faire « plus et plus vite » risque de le confronter à une logique qu’il pouvait croire jusque-là réservée aux athlètes des Jeux olympiques…



Ce site fonctionne exclusivement avec des logiciels libres (serveur Linux Debian, Apache, Php, MySQL, SPIP) | Ce site est écrit en html valide | fil de syndication RSS.