Aéroport de Liège

Le fret prend de la vitesse

Le premier TGV partirait en 2012
Les acteurs du projet créeront en septembre la société Euro Carex. La SNCB devrait la rejoindre.

Le mois de juillet a été chargé pour les Liégeois impliqués dans le projet de gare TGV fret reliant les aéroports de Bierset, Roissy, Lyon, Amsterdam et Londres, réunis en collège sous le nom d’Euro Carex.

Car si le projet était déjà construit et financièrement étudié, il fallait convaincre, côté liégeois, l’opérateur SNCB Holding et le gestionnaire du réseau belge Infrabel. Une réunion a rassemblé les différents acteurs ce mercredi à Paris et l’a confirmé : SNCB Holding et Infrabel devraient rejoindre la société Euro Carex, constituée en septembre. L’aéroport de Liège se lance sur les rails de la grande vitesse.

« Compléter les services »

L’idée d’utiliser le TGV pour le transport de marchandises remonte à une petite dizaine d’années. « Lorsque les aéroports de Paris ont pris 25 % des actions de Bierset, cela faisait partie de la corbeille », se souvient Vincent Gernay, coordinateur de Liège Carex. Cela peut paraître surprenant : le TGV n’est-il pas concurrent du transport aérien ? « Il ne s’agit pas de se faire concurrence, mais bien de compléter le panel de services rendus aux opérateurs tel TNT, tout en développant d’autres pans à valeur ajoutée. Le transport cargo par avion souffrira du prix du carburant, tout comme le transport par camion. A ce dernier type de convoi, il faut ajouter le nombre sans cesse croissant de “truckjackings” qui coûtent énormément aux opérateurs. Nous allons donc reprendre plus ou moins 0,5 % du marché du rail actuel. Mais comme il s’agira d’un transport de marchandises particulier, cela pourrait représenter 30 % du chiffre d’affaires du rail. »

47 avions TNT volent chaque nuit, le schéma actuel en retire 5 à 8 qui s’orienteront vers le TGV. Le prix de l’expédition devrait coûter 15 % de plus que par camion. D’après le type de rames spécialement dessinées pour ce tout premier TGV cargo européen, un TGV pourra accueillir l’équivalent de 5 à 10 avions ou de 6 à 7 camions. L’emploi du TGV divise par 17 les émissions de gaz carbonique. Non négligeable pour une Wallonie trop juste en matière de quotas de CO2.

Si Roissy avait réalisé une première étude, Liège l’a complétée début 2008 par une seconde financée par la Région et présentée à la SNCB et Infrabel. On y avance la compétitivité prise par Bierset face à d’autres aéroports cargo non intégrés au réseau, les possibilités de nouveaux développements tels que la biologistique, l’ancrage des opérateurs de courrier express et la possibilité d’en voir d’autres investir sur le site.

Partant de trois hypothèses (4, 6 ou 10 trains par jour), l’étude mise sur un investissement de départ de 86 millions d’euros et des coûts d’exploitation de 9,2 millions. L’hypothèse la moins optimiste (sans subsides) prévoit la rentabilité après 20 ans et un payback après 17 ans. Si tout se déroule selon le schéma prévu, la première rame partira en mars 2012.


La gare TGV sur la plaine de Cubber

De par l’actionnariat parisien, l’aéroport de Liège s’est vite montré bon élève, voire fer de lance de ce projet mêlant rail et avion. Notamment en se hissant comme médiateur pour l’ensemble des partenaires : « Cela s’est fait spontanément, sans doute notre habitude de l’emploi de diverses langues… et du compromis ! », explique Vincent Gernay. Si les aéroports actuellement impliqués, à des degrés d’avancement divers, sont également ceux de Lyon, Amsterdam et Londres, Liège prévoit déjà, à l’instar de ses objectifs aériens, de se muer en porte d’entrée vers les pays de l’Est pour le TGV Cargo.

La gare TGV-Bierset aurait pu être installée à la gare de Velroux, mais le site a été jugé trop éloigné de l’aéroport : elle s’installera finalement sur l’ancien site militaire de Cubber, en bout de piste, et doit présenter une superficie de 265 mètres sur 60. Elle comportera deux zones (l’une sécurisée, l’autre non) avec deux voies-chariots, une gare de stockage et une zone de déchargement. Les abords seraient réservés aux activités annexes porteuses d’emploi, dont l’impact doit faire l’objet d’une étude dès la fin de l’année. Les travaux de construction doivent débuter en 2010 et durer deux ans, pour être prêts en mars 2012.

Notons enfin que si l’idée a été amenée à partir de Liège Airport, la société Liège Carex, constituée en mars dernier, inclut les ministres de l’Économie et du Transport, le cluster Logistic in Wallonia, le GRE, TNT, Liège Airport et Euro Carex.



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