Province de Luxembourg

La course aux minutes

Vitesse, sécurité et confort améliorés sur la ligne 162
De 20 à 50 minutes à gagner sur Bruxelles-Luxembourg. Mais la ligne ne sera bientôt plus qu’un vaste chantier.

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Mars 2007 : le gratin de la SNCB et le monde politique lançaient, à Jemelle, les travaux de modernisation de la 162.

Au moins vingt minutes gagnées entre Bruxelles et Luxembourg. C’est l’objectif d’Infrabel, lequel travaille depuis 2006 à la modernisation de l’axe ferroviaire. Un chantier colossal de près de 500 millions d’euros ! Il permettra notamment de relever la vitesse de 130 à 160 km/h. « Le confort des passagers est également pris en compte dans les travaux réalisés par le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire belge, particulièrement dans les provinces de Luxembourg et de Namur », estime la direction d’Infrabel. Cocorico ? Que nenni ! Les politiques luxembourgeois et namurois – notamment les députés Arens et Fourny (CDH), Perpète (PS) et Bellot (MR) – rappellent volontiers que l’option prise par la SNCB n’est rien d’autre qu’un « scénario minimaliste » consistant en une remise à niveau d’une ligne sur laquelle on n’a plus véritablement investi depuis un demi-siècle ! « Ces travaux de modernisation devaient en toute hypothèse être réalisés eu égard à la vétusté de l’infrastructure actuelle », assure le député Arens. De fait, ils ne permettront même pas de retrouver le meilleur temps de parcours enregistré en 1974 (2 h 06 au lieu de 2 h 41 aujourd’hui et 2 h 10 annoncé

pour 2014) ! Il n’est par ailleurs plus question de grande vitesse, le fameux projet « Eurocaprail » imaginé au début des années 2000. N’empêche, même insuffisante, la modernisation est bien en cours. Fin août, Infrabel a fait le point sur les investissements au sud de Namur. Détails.

Nouvelle électrification. Le tronçon entre Autelbas (Arlon) et le grand-duché de Luxembourg va connaître des perturbations dès octobre. Le trafic se fera sur une seule des deux voies habituelles, entraînant des modifications d’horaires et la suppression de deux trains au départ d’Arlon. La modernisation de la ligne, incluant la pose de nouvelles caténaires, se poursuivra au départ d’Arlon vers Jemelle et Marloie, en passant par Libramont.

Grills. La concentration de rails et d’aiguillages (les grills) aux entrées et sorties de gare ralentit le trafic. Leur modernisation permettra des gains de temps considérables. Les travaux sont déjà en cours à Jemelle. Ils se poursuivront à Ciney en 2011.

Tracé. Le tracé sera légèrement modifié en une série d’endroits. Il s’agit de rendre la ligne la plus rectiligne possible en corrigeant les courbes de faible rayon : ce sera le cas à Assesse, Florée, Hamois, Ciney, Haversin, Poix/ Saint-Hubert, Hatrival, Neufchâteau et Bernimont. Dans le même temps, on va remplacer les voies et rectifier toute une série d’ouvrages d’art.

Passages à niveau supprimés. Des passages à niveau vont être supprimés dans un souci de sécurité. L’objectif d’Infrabel est de réduire le nombre d’accidents de 25 % d’ici à 2015. Sur la 162, on supprimera 15 passages à niveau à Naninne, Ciney, Leignon, Nassogne, Mirwart, Saint-Hubert, Longlier-Neufchâteau, Assenois, Mellier, Viville, Sterpenich et Autelbas. Ils seront remplacés par des tunnels ou des ponts.

Quais améliorés. Après les aménagements à Messancy, Aubange, Halanzy et Libramont, les quais de Viville, Virton et Stockem seront rehaussés à 55 cm pour faciliter l’accès des voyageurs aux wagons. Des ascenseurs seront placés à Arlon et à Libramont. Des sonorisations et des écrans vont être installés dans les gares et points d’arrêt.

Signalisation. En 2012, Libramont deviendra « le » centre névralgique de la ligne au sud de Namur. Treize anciennes cabines de signalisations vont être remplacées par un seul « centre de contrôle » ultramoderne.

Nouvelle gare à Libramont. On en parle depuis sept ou huit ans mais cette fois le dénouement est proche : le dossier de rénovation de la gare de Libramont est bien avancé. « Loin d’un simple lifting, ce sera une vraie modernisation. Les travaux devraient commencer en 2009 », nous confie-t-on chez SNCB Holding.

Pendulaire. Comment gagner vingt bonnes minutes de plus entre Bruxelles et Luxembourg ? En y faisant circuler du matériel pendulaire (la mobilité de la caisse permet de maintenir une vitesse élevée dans les courbes). Cette alternative au projet de ligne à grande vitesse a la cote aujourd’hui dans les milieux politiques et auprès de certains dirigeants de la SNCB. Des études sont en cours. Elles étaient attendues pour le début de l’été, puis pour septembre. À présent, elles sont annoncées pour novembre. « Cela ne traduit certainement un manque d’intérêt pour le dossier. Nous attendons simplement des données du constructeur », nous assure-t-on chez Infrabel. L’attente pourtant ne doit pas se prolonger éternellement : les choix de signalisation, notamment, sont liés au matériel roulant. L’enjeu ? Un Bruxelles-Luxembourg en 1 h 50 au lieu de 2 h 41 aujourd’hui !



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