Liège

La gare va prendre de la hauteur

Aux Guillemins, c’est cet automne que va débuter la construction d’une charpente métallique de 10.000 tonnes.

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Cet automne va commencer la construction d’une verrière surplombant la gare. La Ville fait part de ses projets dans le quartier des Guillemins.

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Dans trois ans à peine, la gare des Guillemins aura glissé de 150 mètres vers la Meuse. Architecture organique signée Santiago Calatrava, elle est conçue pour accueillir chaque jour près de 45.000 voyageurs. Les nouveaux quais dallés de verre, l’une ou l’autre enfilade de colonnes, les arches de béton blanc, le monumental escalier greffé sur la façade ne sont que les témoins infidèles de l’avancement des travaux : l’essentiel, l’aménagement du passage sous-voies et la construction du parking autoroutier notamment, ne devrait pas être accessible aux Liégeois avant le couper de ruban.

Ce qui ne signifie pas que le reste du chantier se mènera à huis clos : à partir du mois de novembre en effet, les échafaudages nécessaires à la pose de la verrière seront assemblés au-dessus du site. Le montage des échafaudages durera deux mois environ, les premiers éléments de la charpente métallique devraient arriver, par la route, dans le courant du mois de janvier, promet-on chez Euro-Liège TGV. Cette nouvelle phase sera une des plus longues, puisqu’elle ne s’achèvera que fin 2006, et une des plus spectaculaires puisque les soudeurs travailleront à 40 mètres de hauteur, point culminant de la future verrière.

Une charpente de 10.000 tonnes, qui plus est chapeautant un site en exploitation, ne se conçoit pas et ne se monte pas comme un simple meccano, insistent les maîtres d’ouvrage. Aussi les passerelles (il y en aura deux, enjambant les voies) et les arcs de la voûte (39 arcs affichant chacun une portée de 160 mètres) seront-ils réalisés par tranches de 10 mètres de large puis poussés au-dessus de l’infrastructure ferroviaire. La largeur totale de la voûte étant de 73 mètres (pour une longueur de 200 mètres), l’opération sera répétée sept fois et l’actuelle gare des Guillemins devra en partie être arasée pour permettre la pose des gigantesques poutrelles d’acier.

Lorsque chaque pièce aura trouvé sa place, lorsque les 10.000 tonnes d’acier se seront conjuguées en passerelles, voûte, auvents (en forme de casquettes, ils couvriront les deux entrées de la gare) et abris de quais (cinq abris, de 200 tonnes environ chacun, prolongeront la verrière sur plus de 150 mètres), la charpente métallique pourra enfin se parer de verre trempé. Ce marché n’a pas encore été adjugé, reprend-on chez Euro-Liège TGV. Pour des raisons d’organisation du chantier, il faut toutefois que l’entreprise soit désignée bien avant que la structure métallique ne soit mise en place. Et que ceux qui s’inquiéteraient du nettoyage de ces 32.300 mètres carrés de verre se rassurent, un système de rails et de nacelles est prévu tant pour la surface intérieure qu’extérieure de la voûte.

Mais plus que l’infrastructure voyageurs, c’est tout le quartier des Guillemins qui va être redessiné dans les années qui viennent. Une nouvelle place va naître devant la gare, cernée de commerces, d’hôtels et de bureaux. Des nouveaux terminaux de bus et taxis seront aménagés ainsi que des « dépose minute » ou encore des consignes pour vélos. Tout cet espace situé devant la gare est mis en formes par un groupe d’architectes réunis autour du bureau Dethier. Un avant-projet intégrant les desiderata de la Ville et de la SRWT doit être déposé mi-novembre. Le groupe d’architectes a notamment imaginé un « monolithe » pour faire oublier la différence de niveau (1,5 mètre) entre la sortie l de la nouvelle gare et les voiries actuelles. Détail : les voyageurs pourront s’asseoir sur ce monolithe orienté au sud, histoire de profiter du soleil.

Côté finances, on sait que cette nouvelle place va coûter près de 7 millions d’euros, à charge de l’Europe et de la Région. Auparavant, il faudra détruire une soixantaine de maisons situées rue de Sclessin et rue Jonckeu. C’est la SLF (Société de leasing et de financement) qui va se charger de ces expropriations pour le compte de la Ville et de la Société régionale de transport. Une provision de 7 à 8 millions d’euros est prévue à cet effet. La procédure est lancée pour le lot nº1, relatif à certaines maisons de la rue de Sclessin, afin de pouvoir construire un nouveau rond-point, explique l’échevin de l’urbanisme William Ancion. Les quatre autres lots suivront au rythme du travail du Comité d’acquisition.



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