SNCB : la libéralisation du fret fait mal

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Des cheminots bloqueront ce matin des trains de fret à Essen et Mouscron. Pour M.Descheemaecker de la SNCB, le risque de dumping social existe.

Environ 24 heures avant l’ouverture à la concurrence du trafic de marchandises sur les rails belges, les oppositions se renforcent et les inquiétudes grandissent. Les cheminots ont prévu des actions au niveau européen pour dénoncer cette libéralisation qui, selon eux, intervient en l’absence de règles européennes liées à la sécurité et aux conditions sociales dans le secteur.

« Je partage l’inquiétude des syndicats. Des collègues français m’ont rapporté qu’il y a quelques jours, des conducteurs tchèques roulaient avec des locomotives allemandes vers Strasbourg. L’accident de Pécrot est encore dans les mémoires et on sait que c’est un problème de langues qui en est la cause. Je crains le jour où une locomotive allemande arrivera à Anvers, menée par un Tchèque qui ne parlera ni le français, ni le néerlandais. En matière de sécurité et pour lutter contre le dumping social, il faut être vigilant et faire respecter des lignes de conduite très strictes. Sur ce plan, je serai l’allié des syndicats », dit Marc Descheemaecker, directeur général « marchandises » de la SNCB.

Plan stratégique en juin

En Belgique, des actions « spectaculaires » se dérouleront aux postes frontières du réseau notamment à Essen et à Mouscron, points stratégiques de contact avec la France et les Pays-Bas. Le trafic « passagers » ne sera pas perturbé.

Pour José Damilot (CGSP-Cheminots), la SNCB et la Belgique ne sont pas prêtes à affronter cette ouverture du marché. « On est un peu tard, mais nous avons jusqu’à la fin de l’année pour nous préparer à la concurrence. La libéralisation vient s’ajouter au défi de rentabilité pour l’activité cargo de la SNCB. La gestion des filiales était catastrophique avec des pertes énormes. La société Interferry boat (IFB) affichait pour 2002 un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros et une perte de 110 millions », confirme M. Descheemaecker, précisant que toute la division fret (B-Cargo, IFB) est hautement déficitaire. La nouvelle structure fret de la SNCB affiche 650 millions d’euros de chiffre d’affaires et une perte de 200 millions.

Il ne craint pas la libéralisation du trafic fret. « Le ticket d’entrée dans une activité ferroviaire est élevé. Le seul nouveau venu sur le marché est Dillen Lejeune Cargo (DLC), mais elle opère avec un capital suisse. A court terme, il n’y aura pas un envahissement du marché belge par des concurrents, mais nous devons améliorer notre productivité et aligner nos prix sur ceux d’autres opérateurs afin de pouvoir nouer des alliances avec eux pour certains marchés ou de produits techniques », dit-il.

Même s’il y aura une restructuration sociale dans le fret, elle se fera en concertation avec les syndicats. L’homme entend amener un concept stratégique en gare fin mars. Il servira de base à un plan d’entreprise qui pourrait tomber dans trois mois.



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