La libéralisation du rail européen est mal partie

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Les efforts de Bruxelles pour libéraliser le transport ferroviaire ne donnent pour l’instant guère de résultats. Les compagnies de chemin de fer européennes sont des structures très lourdes, difficiles à faire bouger. L’idée que les trains de marchandises puissent circuler librement sur les voies européennes, comme c’est le cas aux Etats-Unis, reste une utopie. De même, il s’avère difficile de trouver des concurrents aux vieilles compagnies nationales. "Non, merci", répondent les éventuels candidats privés. "Nous ne voyons pas l’intérêt de nous transformer en compagnies de chemin de fer", affirme Emilio Fernández, président de Transfesa, le leader espagnol des sociétés de transport ferroviaire. "Cela serait beaucoup plus intéressant que les différentes compagnies nationales puissent se faire concurrence sur les voies européennes, comme le prévoient les directives communautaires, ce qui à ce jour ne s’est toujours pas fait, pour toute une série de raisons." Comme le rappelle Jesús Izarzugaga, délégué espagnol auprès de l’UE pour les questions ferroviaires, outre les réticences de la France à ouvrir l’accès à son réseau, "chaque pays a sa propre tension électrique, sa propre signalisation, ses propres normes de circulation, ce qui rend impossible dans la pratique qu’une motrice allemande ou espagnole circule sur une voie française ou italienne".

Article paru dans "El País" (Madrid)



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