
Le mur de Berlin. Le mur de Boitsfort... La mise à quatre voies de la ligne de train 161 est actuellement l’option retenue pour la constitution d’un réseau RER entre Bruxelles et sa périphérie. Elle suscite un tollé à Watermael-Boitsfort, commune la plus touchée par le projet. On estime que 4 000 personnes sont concernées.
Certaines d’entre elles se sont regroupées dans l’association « Alternatives 161 ». Une structure remarquablement organisée et offensive. Elle fait front contre le projet, car il implique notamment des expropriations de plusieurs maisons (certaines sont à détruire) et de parties de jardins (rues Gratès et Van Becelaere). En outre, le projet occasionnera la construction de murs antibruits (les murs de la honte ! disent les riverains), l’augmentation de la fréquence des trains (296 par jour), l’accroissement des nuisances, la construction d’un quai de 350 m à la gare de Watermael et la démolition des ponts Bien-Faire et de l’Elan...
Bref, « Alternatives 161 » estime que c’est toute la convivialité d’un quartier qui est menacée. Mais que valent quelques habitants devant un projet d’envergure régionale, voire nationale ? Le groupement entend ne pas se laisser faire et fait monter les enchères. Il présente dès lors trois exigences.
D’abord, la construction des deux voies supplémentaires le long de la E411 pour y faire circuler les trains rapides (mais il y a des blocages politiques à cette solution). Ensuite, la mise sous terre du tronçon qui traverse les zones densément peuplées entre les clos des Chênes et la rue de la Brebis (mais le coût de cette solution et les difficultés techniques sont un gros problème). Enfin, la mise à quatre voies seulement après la rue Van Kerm (mais il faut minuter avec précision le passage des trains pour éviter toute congestion).
Le groupement est conscient que les réponses à ses exigences sont politiques. Il exige donc en parallèle d’autres mesures et aménagements au projet actuel pour minimiser les nuisances. Il y en a cinq : la mise des deux voies sur une dalle flottante pour limiter les vibrations, l’adoption par la Région et la SNCB d’une convention spéciale en termes de bruit qui impose la norme de l’OMS de 55 décibels de jour, une expertise préalable des habitations dans un rayon de 100 m, la pose de murs antibruits également entre les voies et des modifications concernant les trains eux-mêmes.
A quand les échéances ? Quelques rappels. La décision de doubler les voies sur la ligne 161 de Bruxelles-Ottignies remonte au 22 mars 2002. Pour ce faire, la SNCB a demandé un certificat d’urbanisme qui a fait l’objet d’une étude d’incidences mise en enquête publique du 30 octobre au 30 novembre. La Région doit bientôt se prononcer sur cette demande. Les travaux doivent en principe débuter en 2005 et se terminer vers 2011-2012. Deux dates clés : le 10 décembre, réunion de concertation à Watermael-Boitsfort et le 18 décembre, réunion du conseil communal avec à l’ordre du jour l’avis du collège.