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Huit nouvelles lignes TGV programmées d’ici 2025

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Le gouvernement a annoncé jeudi le lancement de 50 projets d’aménagement du territoire en partie financés par les dividendes des sociétés d’autoroutes et dont la réalisation s’étendra jusqu’en 2025.

Un Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT) réuni à Matignon a ainsi décidé la création d’une "agence pour le financement des infrastructures de transport".

Cet établissement recevra l’intégralité des dividendes des sociétés autoroutières et des dotations budgétaires pour les infrastructures de transport. Il pourra aussi emprunter.

"La nouvelle agence mobilisera ainsi pour la période 2004- 2012 un niveau de ressources qui pourra atteindre 7,5 milliards d’euros, permettant d’engager plus de 20 milliards d’euros de travaux", précise-t-on dans un communiqué gouvernemental.

Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a indiqué que les dividendes attendus des sociétés d’autoroutes étaient évalués à quatre milliards d’euros sur la période 2004-2012.

Pour préserver cette source de revenus, le gouvernement a décidé de geler la privatisation des Autoroutes du Sud de la France (ASF), propriété de l’Etat à un peu plus de 50%.

De même, il a décidé de garder les Autoroutes du Nord et de l’Est (Sanef) et la société des autoroutes Rhin-Rhône (SAPRR) dans le giron de l’Etat.

"Pourquoi voulez-vous que j’aille vendre quelque chose qui peut rapporter durablement d’ici 2012 et au-delà ?", a déclaré Jean-Pierre Raffarin. "Nous verrons dans l’avenir mais pour le moment, ce n’était pas utile de lancer cette démarche."

Il a cependant indiqué que le gouvernement envisageait une augmentation du capital de la Sanef et de la SAPRR, aujourd’hui propriétés à 100% de l’Etat.

Selon son entourage, cette ouverture du capital de ces entreprises à des investisseurs privés pourrait intervenir en 2004 et porter au total sur environ un milliard d’euros, soit, à terme, quelque 20% du capital de la Sanef et de la SAPRR.

Lors d’une conférence de presse, Jean-Pierre Raffarin a précisé que 75% des investissements prévus par le CIADT étaient des "investissements non routiers".

Autrement dit, les dividendes des autoroutes financeront surtout des infrastructures autres que routières.

A trois mois des élections régionales, échéance très délicate pour le gouvernement, le CIADT a ainsi inscrit au programme d’aménagement du territoire pour les 20 ans à venir huit nouvelles lignes de train à grande vitesse (TGV).

Canal Seine-Escaut

Certaines sont en fait déjà dans les "tuyaux", comme le Lyon-Turin, le prolongement du TGV-Est jusqu’à Strasbourg ou le tronçon Tours-Bordeaux-Espagne (dont les travaux devraient être lancés en 2006).

D’autres, comme la ligne Bordeaux-Toulouse, qui pourrait être opérationnelle en 2020-25, ou le prolongement du TGV Paris-Marseille vers Nice, étaient envisagées mais ne faisaient pas encore l’objet d’engagements fermes de la part de l’Etat.

Sont aussi prévus le TGV Rhin-Rhône (Dijon-Mulhouse), le TGV Bretagne-Pays-de-la-Loire, la ligne Perpignan-Figueras et le contournement de Nîmes et de Montpellier, ainsi que l’interconnexion des TGV au sud de l’Ile-de-France.

Cette volonté de couvrir l’ensemble du territoire est manifeste dans les autres projets ferroviaires comme la modernisation des grandes lignes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, Paris-Rouen-Le Havre, Paris-Cherbourg ou Paris-Clermont-Ferrand, qui seront équipées de rames TEOZ, plus confortables et plus rapides (200 km/h).

Il en va de même avec l’aménagement sur des lignes classiques existantes, notamment celles qui ont été libérées par le TGV, de cinq "corridors ferroviaires pour le fret" sillonnant la France du nord au sud et d’est en ouest.

Le gouvernement prévoit de compléter ce dispositif par des "autoroutes de la mer" sur les façades atlantique et méditerranéenne pour le transport maritime de fret intra-européen, et par le lancement du canal Seine-Escaut.

Ce canal, dont le coût est évalué à 2,6 milliards d’euros dont 1,6 milliard pour la part de l’Etat, et dont les travaux devraient commencer en 2010-2011, reliera la Seine et le Bassin parisien à "l’Europe fluviale" - de la Belgique à la Mer Noire en passant par l’Allemagne et le Danube.

Le CIADT a aussi retenu neuf projets autoroutiers, l’inscription au schéma autoroutier de la liaison Niort-Limoges, l’accélération de l’élargissement à quatre voies de routes nationales et le développement de "15 pôles économiques", de Marseille à Lille et de Strasbourg à Nantes.

Parmi les autres programmes retenus par le CIADT, le gouvernement prévoit de consacrer 125 millions d’euros d’ici 2008 à la "rénovation lourde" de 30 musées territoriaux et la création d’un fonds de soutien au déploiement de l’internet à haut débit, doté de 100 millions d’euros.

Enfin, le gouvernement a décidé d’ouvrir en 2004 une concertation sur la réforme des relations entre l’Etat et les régions. Le gouvernement souhaite réduire la durée des contrats de plan Etat-région et les recentrer sur un nombre restreint de sujets. Cette réforme devrait entrer en vigueur en 2006, au terme des actuels contrats Etat-région.



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