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Le TGV-Est et la liaison Lyon-Turin remis en cause

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Le rapport d’audit sur les infrastructures, commandé par le gouvernement, soulève un tollé.

En rupture avec les projets mis en chantier par le précédent hôte de l’Hôtel de Roquelaure, le communiste Jean-Claude Gayssot, la “rentabilité socio-économique” voulue par Gilles de Robien et Dominique Bussereau, les deux membres du gouvernement chargés des transports, provoque la colère, y compris dans les rangs de la majorité. À l’origine de ce tollé, qui alimente les griefs contre la politique du gouvernement Raffarin, la publication mercredi (le même jour où les ministres autorisaient l’utilisation du réseau ferré national par des entreprises ferroviaires étrangères) du rapport d’audit commandé par le gouvernement l’été dernier sur les grands projets d’infrastructures de transports publics. Ce texte, qui doit nourrir un débat parlementaire au mois de mai, « ne retient pas comme prioritaire » la deuxième phase du TGV-Est Paris-Strasbourg. Du coup, le président (UMP) du conseil général du Bas-Rhin, Philippe Richert, s’est déclaré « consterné » par cette analyse qui remet en cause l’hypothèse à long terme d’une liaison Paris-Strasbourg en deux heures, au lieu des deux heures et trente minutes que permettra en 2007 l’entrée en service de la première phase de ce chantier. Pour le président (UMP) de la région Alsace, Adrien Zeller, le rapport d’audit est une analyse « technico-économique » du projet de TGV.

La polémique vient également du doute qui s’est emparé des auteurs de l’audit sur l’urgence du projet de ferroutage entre Lyon et Turin. « La mission estime que les études socio-économiques sont loin de démontrer l’intérêt pour la collectivité » de ce projet qui passe par le percement d’un tunnel de 52 kilomètres. Les experts proposent de doubler le trafic du tunnel du Mont-Cenis moyennant 175 millions d’euros de travaux avant de voir si le percement d’un nouveau tunnel est nécessaire. Ils estiment à 8 milliards d’euros le coût de la partie française de l’actuel projet, dont 5 à la charge de l’État. Les auteurs du rapport justifient leur scepticisme en expliquant qu’ils ont « révisé un petit peu à la baisse les prévisions de trafic pour tenir compte des évolutions, notamment démographiques », récentes et ils évoquent l’ouverture prochaine de deux nouveaux tunnels en Suisse. Mais ce n’est pas l’avis de la présidente (UDF) du conseil régional Rhône-Alpes, Anne-Marie Comparini, qui rappelle « la volonté exprimée par le président de la République » de réaliser « à son terme » la liaison Lyon-Turin. Elle juge que l’audit « sous-estime gravement les enjeux économiques et les attentes de cadre de vie des habitants de Rhône-Alpes ».

Par ailleurs l’audit recommande le report au-delà de 2020 du canal Seine-Nord qui doit relier l’Île-de-France au nord de l’Europe. Sa rentabilité socio-économique est « insuffisante » étant donné son coût (2,6 milliards d’euros), expliquent ces experts qui remettent ainsi en cause l’un des derniers projets lancés par Jean-Claude Gayssot avant son départ du ministère. Outre le fait que les experts proposent une hausse « sensible » de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) sur le gazole consommé par les véhicules particuliers et le développement des partenariats public-privé, leur rapport est accusé de privilégier le « tout routier » et de faire l’impasse sur l’environnement. « Il y a dans l’audit un poids aberrant en faveur de la route, ce qui n’est guère surprenant puisque seuls les ministères de l’Équipement et des Finances ont été sollicités, et que le ministère de l’Écologie n’a pas participé », constate Jean Sivardière, président de la Fédération des usagers des transports.



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