
Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas pour le RER... En décembre, son entrée en gare bruxelloise a subi un énième coup de frein, lorsque la commune de Watermael-Boitsfort a rendu un avis défavorable sur le projet de mise à quatre voies de la ligne 161. En revanche, ce lundi, le Moniteur publiait une liste de terrains et immeubles appelés à être expropriés. Annonce prématurée, à la lueur de la décision boitsfortoise ? Pas le moins du monde, puisqu’il s’agit de deux dossiers... distincts.
Pour rappel, la mise en œuvre du RER nécessite, sur les différentes lignes desservant la capitale, des travaux d’infrastructure. Certains ont déjà été réalisés, notamment pour les liaisons avec Hal et Louvain. En revanche, sur la ligne reliant la capitale à Ottignies et Louvain-la-Neuve (161), le RER suppose la mise en service d’une quatrième voie et le creusement d’un tunnel entre Schuman et Josaphat. Ces chantiers sont bien sûr conditionnés à la délivrance de permis d’urbanisme. La SNCB a choisi, pour ce faire, de « saucissonner » le dossier. Et a donc divisé, en territoire bruxellois, la ligne 161 en trois tronçons, qui ont fait l’objet d’autant de demandes de permis.
De la limite de la Région bruxelloise au pont Fraiteur. Il s’agit de la traversée du territoire de Watermael-Boitsfort ainsi que de quelques mètres à Ixelles, explique Henri Detandt, responsable du projet à la SNCB. C’est précisément sur ce point que la commune de Watermael a rendu un avis défavorable. Motif ? L’amputation de jardins, la dégradation du parc Tournay-Solvay et les nuisances en forêt de Soignes. Cet avis n’est toutefois pas contraignant et la balle est désormais dans le camp de la Région, compétente pour la délivrance du permis. Précisons quand même que notre projet préservait au mieux l’environnement, réplique Henri Detandt. Si on ne peut rien faire en forêt de Soignes, il fallait le dire avant. Bref, la SNCB ne semble pas prête à revoir radicalement sa copie.
Du pont Fraiteur au futur tunnel Schuman-Josaphat. Ici, nous avons obtenu un permis voici un peu plus d’un an, rappelle-t-on à la SNCB. Plus rien ne s’oppose dès lors au démarrage des travaux ? Non ! Le chantier devrait d’ailleurs démarrer en mars, confirme Henri Detandt. Reste quand même à devenir... propriétaire des quelques terrains et maisons situés sur le trajet du RER ! C’est précisément l’objet de la liste d’expropriation publiée ce lundi. Elle porte sur deux maisons situées rue du Vivier, à Ixelles, et sur une vingtaine de fonds de jardin situés, le long du chemin de fer, entre la gare d’Etterbeek et celle de Schuman. Nous le savions depuis deux ans, explique la propriétaire d’une maison de la rue du Vivier, qui va devoir céder un are de terrain à la voie ferrée... On espérait que les procédures prennent plus de temps. Las, cette dame devrait recevoir prochainement la visite du Comité d’acquisition (ministère des Finances), qui négociera le prix de rachat du terrain convoité. Faute d’accord, nous irons en justice, afin de forcer l’expropriation, précise encore Henri Detandt.
Mais en principe, des solutions devraient être trouvées, explique Mohamed Ghali, président du Foyer ixellois. La société de logements sociaux est elle aussi concernée par les expropriations. Les jardins de notre ensemble du Château seront amputés. Nous allons négocier avec la SNCB la pose de double vitrage ou de murs antibruit, afin de minimiser l’impact pour nos locataires, dont certains vont avoir le nez sur la voie ferrée. Ces négociations bouclées, plus rien ne s’opposera au démarrage du chantier.
Le tunnel Schuman-Josaphat. Il fait lui aussi l’objet d’un permis ; des recours l’avaient un moment menacé, ils ont été retirés.