Bruxelles

Diabolo ou lasso ?

Feu vert pour le désenclavement de l’aéroport par le rail

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Avis favorable de la Ville au projet défendu par la SNCB. L’option « lente » est clairement privilégiée. Les habitants de Haren réclament une halte ferroviaire.

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Va-t-on enfin désenclaver l’aéroport de Bruxelles-National ? Pour l’instant, la ligne ferroviaire desservant Zaventem est un cul-de-sac. Mais la SNCB a dans ses cartons le projet dit du « diabolo ». Ce dernier prévoit le raccordement de la ligne actuelle au réseau existant, vers Louvain et Anvers. Pour concrétiser ce dossier, la SNCB a opté pour une procédure en deux temps : certificat puis permis d’urbanisme. Les habitants seront donc consultés deux fois. Ils viennent de l’être une première fois ; les conclusions de l’enquête publique - qui portait sur le cahier des charges de l’étude d’incidences - étaient soumises hier à la commission de concertation de la Ville. Verdict : un accord, qui n’a rien d’anodin : il définit les tracés à étudier pour le diabolo.

Ce dernier est véritablement considéré par la SNCB comme une pièce maîtresse du redéveloppement ferroviaire de Bruxelles. Au sud de l’aéroport, une bretelle est déjà construite et l’autre est en chantier. La partie nord doit encore être réalisée : c’est elle qui fait l’objet de la demande de certificat et donc de l’étude d’incidences (motivée par l’ampleur du projet). Le raccordement passe obligatoirement sur le territoire de la Ville, entre Machelen et la gare de Bruxelles-Formation.

Le projet de diabolo n’est pas neuf ; il remonte à plus de vingt ans. On l’a cru enterré jusqu’à ce qu’il renaisse voici deux ans, lorsqu’est apparue la nécessité de relier l’aéroport au réseau ferroviaire international (TGV), afin d’encourager le choix du train (au lieu de l’avion) pour les distances courtes. La construction des deux branches du diabolo pose toutefois problème car les tracés pressentis frôlent les zones peuplées de Haren. En outre, le diabolo nécessite un imposant viaduc, de 8 mètres de haut. D’où l’importance de l’avis de la Ville de Bruxelles lors de la concertation de ce mardi.

Un représentant du bureau d’études de la SNCB, Tuc Rail, était présent à la réunion. La SNCB compte soumettre deux tracés. Le premier, moins optimal techniquement à cause de courbes serrées, a l’avantage de longer les zones peuplées de Haren. Mais il ralentit la vitesse des trains (100 km/h). Le second tracé, plus rapide (120 km/h) traverse des entrepôts sur le site de Bruxelles-Formation, ce que ne souhaite pas la SNCB. Bref, le tracé lent a la cote.

Le projet de diabolo a suscité des questions chez les riverains. Francis Donvil, habitant de Haren, a proposé un troisième tracé qui réduit au maximum les nuisances urbaines. Plutôt que de faire un diabolo, il suggère un « lasso » (une boucle) pour désenclaver l’aéroport. Et, surprise, le représentant de la SNCB n’a pas écarté l’idée : elle semble techniquement possible.

Autre problème : le gel des terrains concernés (rue de Verdun) par le diabolo. Le Pras et surtout le PRD indiquent (très vaguement) le tracé de la future ligne ferroviaire. La société propriétaire ne peut rentabiliser les parcelles (tout achat est bloqué depuis 30 mois) tant que le tracé n’est pas précisément fixé. Chacun (Région, Ville et SNCB) se rejette la responsabilité. Kafka... Enfin, les habitants de nord de Haren réclament une halte ferroviaire et souhaitent être associés au comité de suivi du projet.

La Ville a rapidement donné son avis. Comme l’a expliqué l’échevin de l’urbanisme Henri Simons, elle approuve le tracé « lent », moins dommageable pour les habitants. Elle demande en outre à la SNCB d’étudier l’alternative du lasso pour désenclaver l’aéroport ainsi que la halte. Elle réclame encore une étude pour améliorer la jonction avec l’avenue de Vilvorde et le boulevard de la Woluwe et insiste sur la qualité architecturale du viaduc à construire. C’est l’association momentanée ERM-EAOLUs qui sera chargée de réaliser l’étude d’incidences. Celle-ci prendra six mois. Le certificat d’urbanisme pourrait dès lors être délivré dans moins d’un an. Il devrait être suivi d’une demande de permis en bonne et due forme.



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