Dernièrement, les chefs d’Etat de l’Union européenne ont pris un engagement fondamental pour l’Europe et son développement. L’initiative de croissance permet de muscler les échanges économiques et l’emploi en Europe. En décidant la réalisation rapide de grandes infrastructures de transport, les chefs d’Etat ont adressé un signal clair sur leur conviction du redémarrage de la croissance dans les mois qui viennent et sur leur détermination à tout faire pour faciliter cette reprise.
Cette Initiative de croissance permet de résorber le déséquilibre des systèmes de transport, d’un coût élevé pour la société. Si aucune mesure d’envergure n’est prise rapidement pour maîtriser les flux et mieux utiliser les modes de transport les plus respectueux de l’environnement, le trafic des poids lourds augmentera de 50 % d’ici dix ans. L’élargissement de l’Europe, formidable source de développement pour notre continent, viendrait alors accroître cette situation périlleuse.
Le choix vient donc d’être fait de prendre les mesures nécessaires pour garantir la compétitivité de l’Europe et, de façon concomitante, inscrire le développement durable au cœur des grandes infrastructures de transport.
Des mesures très concrètes, dont certaines attendues depuis plusieurs années, ont été prises : l’UE pourra financer à hauteur de 20% les tronçons transfrontaliers des projets prioritaires du futur et ambitieux réseau transeuropéen de transport.
Depuis plus d’un siècle, l’Europe économique s’est développée autour d’un axe — baptisé la “banane bleue” — allant du sud de l’Angleterre à l’Italie du Nord en traversant l’Allemagne. Le renforcement de cette terre de prospérité se combine aujourd’hui à l’élargissement de l’Europe par l’Est, qu’il faut réussir. Cependant, le risque d’une marginalisation de la partie sud-occidentale du continent est réel. N’est-il pas temps de modifier cette carte en rapprochant l’Europe du Nord et celle du Sud, et d’assurer un axe d’équilibre et de richesse au sud de l’arc alpin ?
Le programme de nouvelle liaison ferroviaire transalpine entre Lyon et Turin est au cœur de cette politique de grand chantier que l’Europe et les Etats ont décidé de mener. L’Initiative de croissance précise quatre critères de sélection pour les projets à mener rapidement : la capacité à démarrer les chantiers dans les trois ans, la dimension transfrontalière des projets, leur impact sur la croissance et l’innovation, leur effet positif sur l’environnement. La transalpine Lyon-Turin est par excellence le grand projet d’infrastructure de transport de demain.
Cette liaison européenne transalpine est décidée. C’est un programme lancé, qui a d’ailleurs fait, depuis l’origine, l’objet de plusieurs centaines de millions d’euros d’études, de sondages et de travaux de reconnaissance. Maintenant, ce nouvel axe ferroviaire Lyon-Turin doit être calibré pour être réalisable, performant, optimisé. La triple préoccupation d’une maîtrise des coûts, du respect des performances et des fonctionnalités, et d’un calendrier ambitieux, doit être omniprésente.
Le pas décisif que les chefs de gouvernement français et italien vont franchir à ce sujet, dans les prochaines semaines, sera la réponse à l’ambition des deux pays pour une Europe équilibrée qui pourra s’appuyer sur sa capacité d’innovation et sur l’intelligence de ses réseaux logistiques. Les habitants des Alpes, les collectivités territoriales et les acteurs économiques de Rhône-Alpes, regroupés depuis plus de douze ans au sein du Comité pour la transalpine, espèrent cette nouvelle étape.
Pour mener à bien le Lyon - Turin, des engagements fermes devront être pris pour assurer le démarrage des travaux du “tunnel de base” sous les Alpes, dès 2006, avec la réalisation simultanée des deux galeries prévues. D’ici deux ans, la structure opérationnelle qui réalisera le chantier devra être installée. Le pilote de cette opération aura la responsabilité d’inscrire ce programme global, sur la totalité de la liaison transalpine, dans une démarche industrielle et partenariale.
L’accord franco-italien du 29 janvier 2001 avait décidé la réalisation de la transalpine Lyon-Turin. Maintenant, un nouvel acte est impératif : aboutir rapidement à la signature du traité international qui décidera des modalités de réalisation, avec une garantie de mise en service selon le calendrier accéléré fixé par les Etats : 2012-2015.