Des axes ferroviaires parfois centenaires

Classement géographique :

Le rail wallon n’a pas le moral. Dans un rapport établi le mois dernier sur base de tables rondes organisées par le ministre wallon des Transports, José Daras, et par le conseil économique et social de la Région wallonne, il apparaît que le réseau ferroviaire du sud du pays a fondu entre 1980 et 2000. Il est passé de 3.219 à 2.766 kilomètres, ce qui représente une diminution de 14,2 % de la densité du réseau (calculé en kilomètres de voies par kilomètre carré). Sur l’ensemble du pays, la baisse est limitée à 9,8 %...

En 20 ans, 15 % des petites lignes wallonnes ont été supprimés, calcule José Daras. En Flandre, la proportion est de 6 %... Le rapport constate également que le réseau ferroviaire wallon est dans un état général faible : « Des axes fondamentaux comme la dorsale wallonne ou la liaison Bruxelles - Luxembourg connaissent des vitesses de référence faibles, des contraintes d’exploitation d’un autre temps et des carences de maintien d’infrastructures. »

Dans le domaine du transport de voyageurs, la Wallonie est traversée par deux grands axes. Le premier, nord - sud, relie Bruxelles à Luxembourg via Ottignies, Namur et Arlon. Le second, est - ouest (dorsale wallonne), relie Cologne à Courtrai en passant notamment par Liège, Namur, Charleroi, Mons et Tournai. Le rapport estime que l’infrastructure sur l’axe nord - sud est obsolète. Cet axe a 100 ans et son équipement électrique a 50 ans, dit José Daras. En revanche, les lignes flamandes ont presque toutes été modernisées.

Trop souvent, les aménagements de modernisation de cet axe nord - sud ne sont pas exécutés, dit le rapport. A cet égard, poursuit le document, le budget d’investissement 2003 de la SNCB a supprimé les montants destinés à cette modernisation. Quant à la dorsale wallonne, son « infrastructure obsolète limite ses capacités ». Le ministre affirme aussi que la grande majorité des voitures M6 (à double étage) circulent sur des voies flamandes. Il avance le chiffre de 92 % de véhicules en Flandre. Sur ce point, la SNCB précise que ces chiffres sont dépassés et que l’équilibre entre régions est rétabli.

Cette obsolescence (qui épargne toutefois la ligne Liège - Bruxelles) semble avoir un effet sur la fréquentation. Selon une étude interne de la SNCB (« Le Soir » de vendredi), la fréquentation du rail wallon a chuté de 3,1 %, alors qu’il a augmenté de 4% en Flandre. Ce chiffre ne m’étonne pas, dit José Daras. Si le rail est mal entretenu, comment voulez-vous qu’il soit attractif ?

Comment expliquer ces constats sévères ? Les observateurs francophones, de tous bords, incriminent la fameuse clé 60/40, coulée dans une loi du 22 octobre 2002, qui prévoit que la Flandre reçoit 60% des investissements ferroviaires, contre 40% pour la Wallonie. Bruxelles n’est pas soumise à cette clé. Si les travaux concernent les 19 communes, ils sont effectués, et la Flandre et la Wallonie se partagent le reste, dans le respect de la clé. Cette clé est injuste, dit José Daras. Les besoins en investissements ne dépendant pas du nombre de voyageurs, mais du nombre de kilomètres à couvrir et du relief. A ce titre, la Région wallonne devrait bénéficier de la majorité des investissements. D’après les francophones, la clé actuelle permet seulement d’entretenir le réseau et non de l’étendre ou de le moderniser.

La situation est-elle susceptible de s’améliorer, en Wallonie ? Trois éléments n’incitent pas à l’optimiste. D’abord, la SNCB envisage sérieusement de se concentrer sur les lignes rentables et fréquentées, au grand dam des francophones. Ensuite, lorsque le rail sera totalement libéralisé, il y a fort à parier que les entreprises concurrentes de la SNCB adopteront la même attitude. Enfin, la Flandre souhaite revoir la clé 60/40. Au bénéfice du nord...



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