
Le paradoxe de la SNCB s’est répété, durant l’année 2003. La situation financière reste très négative, alors que le nombre de voyageurs augmente. La perte pour l’année écoulée sera arrêtée ce vendredi, par le conseil d’administration. En revanche, selon une étude dévoilée ce jeudi par « La Dernière Heure », le nombre de voyageurs a augmenté de 7,13 % en 2003. Il s’établit à 706.810 personnes par jour de semaine. Les trois régions du pays ne sont toutefois pas logées à la même enseigne. En Flandre, le nombre de voyageurs a crû de 4 %. En revanche, il a décliné de 1,2 % à Bruxelles et, plus grave, de 3,1 % en Wallonie.
Par rapport à la moyenne enregistrée entre 1999 et 2001, la croissance en Flandre s’élève à 5 %, contre 1,8 % à Bruxelles. En Wallonie, le repli s’établit à 3,3 %. La fréquentation des gares flamandes a, logiquement, connu une forte augmentation l’an dernier, par rapport à la période 1999 - 2001 (+ 16 % en un an à Gand, + 16,8 % à Anvers et + 39,3 % à Vilvorde). En revanche, de grandes gares wallonnes déclinent. C’est le cas de Namur (- 17,2 %), de Charleroi (- 11,5 %) ou de Mons (- 15,4 %). La SNCB précise que ce rapport est le fruit d’un sondage, et que ces données doivent être corroborées par les chiffres de vente de la compagnie ferroviaire.
Il n’empêche, ce rapport a créé du remous chez les francophones de la SNCB. Chacun connaît, en effet, l’intention du patron de la SNCB, Karel Vinck, de privilégier les lignes rentables de la SNCB, au détriment des autres. Les francophones craignent donc que cette récente étude de la SNCB serve à justifier des décisions défavorables au rail wallon. Échaudés, les ministres francophones ont d’ailleurs obtenu, au récent conseil des ministres d’Ostende, le 20 mars dernier, que la SNCB ne puisse modifier son plan de transport sans aval du gouvernement. Le conseil d’administration de la SNCB devrait se pencher sur ces chiffres ce vendredi.
Les syndicats de la SNCB ont signé le plan social, prévoyant 2.800 départs d’ici à 2005. Ils ont assorti leurs signatures de conditions, parmi lesquelles l’aval de la Commission européenne et du Conseil d’Etat sur la scission de l’entreprise et un accord sur le montage financier de la scission. Enfin, les syndicats recommandent de ne pas nommer des « non-cheminots » à des postes de direction.