Dans le secteur du transport de marchandises par rail où la concurrence va sévir en crescendo, B-Cargo a pris des mesures pour renforcer ses parts de marché et renouer avec la rentabilité. Le symbole du renouveau de la division marchandises de la SNCB est son installation dans des locaux neufs inaugurés vendredi en présence du ministre des Entreprises publiques, Johan Vande Lanotte (SP.A). Les résultats 2003 présentés en marge de l’inauguration montrent que l’entreprise (8000 personnes) a encore du chemin à faire avant d’au moins prétendre à l’équilibre que les responsables voient à l’horizon 2007. « C’est un défi énorme et très important pour la société », note Marc Descheemaecker, patron de B-Cargo. Le tonnage transporté par km a augmenté de 2,7 pc (7,3 milliards de tonnes) en 2003, de même que le chiffre d’affaires qui a crû de 2 pc (337,5 millions d’euros). Mais B-Cargo demeure déficitaire et la prévision de pertes pour 2004 affiche trois chiffres suivis de six zéros. « Notre part de marché actuel est de 95 pc, notre ambition est de le maintenir dans les 90 pc en 2007. Nous avons déjà enregistré une hausse de 5 pc du volume transporté pour les premiers mois de 2004 », dit-il.
Pour améliorer ses résultats, l’entreprise a opté pour une gestion pro-active couplée avec une augmentation de la productivité, une refonte des participations et une spécialisation accrue sur le plan national et international.
Elle a réorganisé son département commercial pour améliorer le service à la clientèle. Les contrats déficitaires ont été revus. Ces mesures commerciales prises en 2003 ont permis d’améliorer la marge (sur base annuelle) de 9,8 millions d’euros et le but est de la porter à 35 millions d’euros en 2007.
Sur le plan opérationnel, l’entreprise prendra possession, dès le 4e trimestre 2004, des gares de marchandises et des activités de triage, ce qui lui permettra de mieux gérer ses moyens de production. Des investissements ont été réalisés pour améliorer la productivité (commande à distance des locomotives de manoeuvre, achat d’engins de triage rail-route, optimisation du réseau informatique, calcul informatique du prix de revient, etc.). B-Cargo va réduire son parc de wagons de 2604 unités dont 1740 seront vendus ou mis en ferraille et 499 loués à des tiers.
Grâce à ces mesures, B-Cargo va engranger un gain récurrent supplémentaire de 5,2 millions d’euros dès 2004 et un résultat « one shot » de 4,1 millions. Elle va accroître la disponibilité de ses wagons (16 pc d’immobilisations en 2002, 9,1 pc en janvier 2004). Selon le ministre Vande Lanotte, vu l’étroitesse du marché intérieur, B-Cargo doit opter pour une stratégie d’alliance avec les chemins de fer français et allemands afin d’être « un partenaire permanent sur les grands axes internationaux ».