
La SNCB va mal, mais elle transporte toujours plus de voyageurs. Ce paradoxe a été rappelé mercredi par l’Institut national de statistique (INS), qui publie les chiffres de fréquentation des trains belges entre 1997 et 2003. En 2003, 168,4 millions de personnes ont circulé sur le rail. L’année précédente, 164,9 millions de personnes avaient pris le train. En 1997, le nombre de passagers n’atteignait pas les 145 millions.
Le train est particulièrement prisé pour les voyages à l’intérieur du pays. Ainsi, 155 millions de personnes ont emprunté les 3.521 kilomètres de lignes intérieures en 2003, contre 150,8 millions en 2002. Les formules de tarifs réduits, en croissance, ainsi que l’engorgement routier expliquent cette tendance.
Le trafic international, affecté par la conjoncture économique morose, a décliné pour la première fois depuis 1997. Cette baisse est notamment due à la fréquentation déclinante du Thalys, qui assure les liaisons entre la Belgique et Paris. D’après l’INS, le nombre de voyageurs dans les rames amarante est passé de 6 millions en 2002 à 5,8 millions l’an dernier. En revanche, le trafic en Eurostar a stagné à 1,5 million de voyageurs, tout comme la fréquentation des TGV entre Bruxelles et la France (hors Paris, desservie par Thalys).
Qui dit nombre de voyageurs en croissance, ne dit toutefois pas explosion des revenus. Dans les résultats publiés récemment, la SNCB rappelait que son chiffre d’affaires en trafic intérieur n’avait progressé que de 3,6 %. A l’international, les revenus ont diminué de 4,5 %. La perte nette comptable pour l’année écoulée s’élève encore à 333 millions d’euros...
Le nombre de voitures et wagons a également connu une évolution à la baisse. Il est passé de 1.488 en 2002 à 1.413 l’an dernier. En revanche, le pays compte 537 gares, une situation qui n’a plus évolué depuis 2001.
Du côté du trafic marchandises, il semble que la volonté du politique d’augmenter le transport par rail ne porte pas ses fruits. Entre 2002 et 2003, le nombre de tonnes transportées par rail est passé de 57,1 à 55,7 millions de tonnes. Cette situation s’explique par la décision de la SNCB de revoir tous les contrats qui n’étaient pas rentables. Certains ont été rompus, ce qui explique la baisse du tonnage transporté, explique Philippe Rigaux, porte-parole de la SNCB.
Le chiffre d’affaires du département marchandises de la SNCB n’en a pas moins connu une hausse de 0,8 %, qui s’explique notamment par le fait que les tonnages transportés l’ont été sur de plus longues distances que l’année précédente.
Les chiffres de l’INS témoignent donc que la SNCB, certes en grande difficulté financière, évolue globalement dans un marché en croissance. La Poste, dont le métier de base fond de jour en jour, ne peut hélas pas en dire autant.
Les fauteuils larges et rembourrés, l’épaisse moquette et l’ambiance souvent feutrée, bref, le charme désuet des voitures de première classe attire de moins en moins nos contemporains. Les chiffres publiés mercredi par l’Institut national de statistique sont cruels pour ceux qui aiment ce (tout) petit goût d’Orient Express pour se rendre à la mer ou au travail. Durant l’année écoulée, le nombre de voyageurs aimant à s’isoler est passé de 6,3 à 5,6 millions. Depuis 1997, la SNCB n’avait jamais observé une affluence si réduite. La fréquentation la plus basse de la première classe date de 2000. Elle s’élevait alors à 6,2 millions de personnes.
La SNCB voit deux raisons à cette désertion. Premièrement, le confort en deuxième classe augmente à la suite du remplacement progressif du matériel roulant, explique Philippe Rigaux, porte-parole de la SNCB. Deuxièmement, la plupart des formules à tarifs réduits ne permettent pas de voyager en première classe.
Les voyageurs, en nombre sans cesse croissant, qui ont droit à ces réductions, délaissent donc les voitures de première classe.
Très logiquement, la fréquentation en deuxième classe augmente. Elle est passée de 144,6 millions de voyageurs en 2002 à 149,4 millions de personnes l’an dernier. Cette affluence s’explique non seulement par le transfert de certains voyageurs de première classe, mais également par l’augmentation globale du nombre d’usagers de la SNCB.
De là à supprimer la première classe, il n’y a qu’un pas que le président du SP.A Steve Stevart, a franchi il y a quelques mois. La SNCB n’est pas très chaude. Certes, la fréquentation des voitures de première classe décline, mais elle atteint encore 5,6 millions de personnes. Ce n’est pas négligeable, dit Philippe Rigaux.