La SNCB reste dans le rouge

Le chiffre d’affaires consolidé augmente, la perte opérationnelle se creuse

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Le groupe SNCB réduit sa perte nette mais le déficit des opérations se creuse. Et un conflit oppose le patron à son ministre.

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Le groupe SNCB a réalisé en 2003 une perte nette de 291 millions d’euros, contre 660 millions d’euros en 2002. Il s’agit là des résultats comptables complets de l’entreprise publique pour 2003. Le 2 avril dernier, ce sont les comptes de la SNCB proprement dite, sans ses filiales et départements tels que ABX (organisation de transport de colis) et IFB (activités portuaires), qui avaient été présentés par la direction.

La diminution de la perte du groupe provient essentiellement du fait qu’en 2002 la SNCB avait décidé d’acter de nombreuses provisions et réductions de valeur dans la perspective de la restructuration, qui a débuté en 2003. Ces opérations avaient largement détérioré les comptes de 2002. L’an dernier, en revanche, ces provisions ont été utilisées, ce qui a eu un impact positif sur le résultat net.

Le groupe SNCB n’est pas en bonne santé pour autant. Après les corrections permettant aux comptes de coller avec la réalité économique, il apparaît que l’« ebitda », qui traduit les résultats des opérations, s’est détérioré durant l’année écoulée. La perte opérationnelle est passée de 86 millions en 2002 à 117 millions d’euros en 2003.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas ABX qui amène cette nouvelle détérioration du résultat opérationnel. Le logisticien a, en effet, contribué de manière positive à l’« ebitda » du groupe SNCB. A concurrence de plusieurs millions d’euros, précise le porte-parole d’ABX.

En réalité, c’est la détérioration de la marge du transporteur SNCB (à ne pas confondre avec le groupe) qui explique cette perte opérationnelle agravée. Sur l’année écoulée, l’« ebitda » du transporteur SNCB était négatif à concurrence de 85,3 millions contre 62,7 millions en 2002.

La construction du TGV de frontière à frontière, assumée par le transporteur SNCB, et le paiement de dividendes à la financière TGV, qui entraînent une fuite de trésorerie, ont donc un impact négatif sur le résultat opérationnel du groupe SNCB.

Une source proche de la direction estime également qu’un accord social avantageux, conclu par l’ancien patron, Etienne Schouppe, avec le personnel, a pesé sur la marge opérationnelle de 2003. Enfin, l’absence d’un accord social durant l’année n’a pas permis au groupe public de se redresser, estime cette même source.

Une bonne nouvelle quand même : le chiffre d’affaires consolidé progresse. Il passe de 4,865 milliards d’euros à 5,008 milliards. C’est notamment le transporteur SNCB qui permet cette amélioration. Son chiffre d’affaires est, en effet, passé de 2,134 milliards d’euros en 2002 à 2,182 milliards durant l’année écoulée.

Globalement, la situation du groupe SNCB n’est toujours pas rassurante, à l’heure d’une profonde restructuration, qui verra cette entité unique scindée en trois sociétés à la fin de cette année.

Elle se composera d’un holding de tête, d’une filiale spécialisée dans les opérations et d’une autre qui se chargera de la gestion de l’infrastructure. La question épineuse des nominations des directeurs de ces trois entités, actuellement en discussion entre le gouvernement et l’entreprise (lire nos éditions de mercredi), n’a pas été résolue ce mercredi. La direction de l’entreprise publique souhaite que les dirigeants soient nommés avant les élections régionales. Ce n’est pas gagné, tant l’enjeu politique de ces désignations est manifestement important.



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