Le RER sera-t-il remis sur les rails ? Depuis décembre 2003, le projet de mise à quatre voies de la ligne ferroviaire 161 est bloqué, du moins sur le tronçon qui traverse Watermael-Boitsfort. Mais la Région bruxelloise envisage de délivrer un certificat d’urbanisme. Sous strictes conditions.
Fin 2003, la demande de certificat d’urbanisme (sorte de prépermis) passait à l’enquête publique. La commission de concertation qui suivit vit la commune (Watermael-Boitsfort) prendre fait et cause pour ses habitants qui refusent les travaux d’aménagement. La SDRB et les Monuments et sites (on traverse des sites classés du parc Tournay-Solvay et de la forêt de Soignes) allèrent dans le même sens. Par contre, la Région bruxelloise, l’IBGE et Ixelles rendaient un avis favorable sous conditions.
Gênant quand on sait que l’Etat fédéral vient de confirmer sa volonté de réaliser rapidement le RER et alors que la Flandre est prête à délivrer ses permis. Par ailleurs, à Bruxelles, les choses avancent bien, du moins sur une partie du tronçon : les travaux du tunnel Schuman-Josaphat vont débuter et le chantier du tronçon ixellois a commencé. Reste la traversée aléatoire de Watermael-Boitsfort. La zone sensible étant celle comprise entre le pont Gratès et la rue des Archives. Là, la SNCB fait face au refus des habitants qui rejettent les expropriations de maisons ou de fonds de jardin.
Hier, Willem Draps, le secrétaire d’Etat à l’aménagement du territoire, a tenté d’huiler les aiguillages. Avec la SNCB, il a remonté à pied le tracé pour constater les améliorations proposées et les problèmes encore non réglés. Avec un objectif : sortir le RER de l’ornière.
Sur plus de la moitié du trajet, il y a des solutions. La SNCB est d’accord pour couvrir les voies quand c’est possible. Mais il reste le tronçon difficile d’environ 1 km, entre les gares de Watermael et de Boitsfort. Il va falloir que les deux parties y mettent du leur. Je constate en tout cas avec plaisir qu’à la SNCB, on est sorti du « tout béton ». On cherche des solutions alternatives. Il y aura des expropriations mais elles devront être limitées. J’essaye d’objectiver. Mais ce ne sera pas facile.
En tout cas, du côté du parc Tournay-Solvay, la SNCB a accepté de modifier ses plans (aucune expropriation de terrain). Ce qui devrait éviter l’écueil d’un refus contraignant de la Commission des Monuments et sites.
Plutôt que de refuser le certificat, la Région préfère donc l’accorder en l’assortissant de strictes conditions. Ce faisant, elle prend le risque de se mettre à dos et la commune de Watermael-Boitsfort et ses habitants. La visite d’hier, ajoute Willem Draps, a précisément servi à déterminer concrètement les corrections à réaliser. Mais un certificat d’urbanisme n’est pas un permis. Le premier débroussaille le terrain du second. C’est une sorte de droit de faisabilité. Et ce certificat dira à la SNCB ce qu’elle devra mettre dans sa demande de permis.