Ne finissez jamais votre carrière dans une entreprise publique. Tel est le conseil que Karel Vinck a prodigué aux membres du Cercle de Lorraine, ce mardi. Détendu, l’administrateur délégué de la SNCB a également abordé quelques sujets d’actualité, tels que la nomination des directeurs du groupe SNCB. Pour rappel, la SNCB sera scindée en trois entités, dès le 1er janvier 2005. Le groupe se composera d’un holding de tête et de deux filiales, l’une dédiée aux opérations et l’autre chargée de l’infrastructure. Ces trois entités disposeront de leurs propres conseil d’administration et comité de direction. Il était question de procéder immédiatement à la nomination des directeurs, mais il semblerait que le pouvoir politique s’y refuse avant les élections. Karel Vinck entend toutefois que des comités provisoires soient nommés dès ce jeudi. Je proposerai des nominations au conseil d’administration, explique Karel Vinck. Il ne s’agira pas des personnes qui seront appelées à gérer les trois entités, mais de comités provisoires. Les nominations définitives interviendront, quant à elles, à la fin du mois d’octobre. J’entends bien avoir un mot à dire sur ces nominations définitives, a dit Karel Vinck à quelques journalistes, après sa conférence. L’administrateur délégué a aussi affirmé que la SNCB était en négociation avec un groupe spécialisé dans la logistique, et qui pourrait reprendre son département ABX et le faire figurer dans le top 5 européen du secteur. Après cette opération, la SNCB pourrait rester actionnaire minoritaire, a dit Karel Vinck. Le patron de la SNCB a également évoqué la reprise de la dette de la société ferroviaire, par l’Etat, pour un montant de 7,4 milliards. L’Etat s’est engagé à reprendre cette dette. Il faut que cet engagement soit tenu. Sinon, ce sera un très mauvais message aux syndicats, qui croiront que l’Etat pourra toujours venir au secours de la SNCB. On risque alors un syndrome Sabena, avec une possible disparition à la clé. Au rang des anecdotes, Karel Vinck a également indiqué qu’un cadre de la SNCF lui avait un jour dit que le rapport entre la politique et les patrons de chemin de fer est comparable à celui qui lie les pigeons et les statues... Il a aussi expliqué qu’au début de sa carrière, alors qu’il venait de restructurer Eternit Italie, l’un de ses supérieurs lui avait dit que « quand on s’occupait de la m... dans un groupe, on le faisait toute sa vie... ».