Inédit. Pour la première fois, un Salon consacré à la "mobilité" — en fait les autres modes de transport que la voiture individuelle — se tient à Paris, du mercredi 16 au samedi 19 juin, à la porte de Versailles. Dans ce Salon, élus, responsables des transports, constructeurs de matériel et usagers débattront de l’avenir des politiques des transports et des déplacements.
Après des années de développement des transports en commun, cette politique volontariste marque le pas. La voiture individuelle garde sa suprématie et les transports publics stagnent. Un second souffle apparaît indispensable aux responsables du secteur. Désormais, les pistes de développement s’ouvrent sur tous les autres modes de locomotion : vélo, rollers ou encore trottinette... mais aussi taxi ou covoiturage.
L’enquête réalisée en Ile-de-France par TNS-Sofres pour les organisateurs du Salon confirme l’urgence des réflexions sur ce thème : pour 41 % des Franciliens interrogés, les transports sont les domaines "sur lesquels il faudrait intervenir en priorité", devant la sécurité et l’emploi. Ils sont 66 % à juger la question "prioritaire" ou "très importante". L’enquête fait aussi apparaître un décalage entre les attentes des usagers et les politiques des élus, mais aussi les contradictions des usagers.
Pas sa fréquence d’utilisation, la voiture est le deuxième mode de transport de la région, elle assure 35 % des déplacements, derrière la marche — premier mode de déplacement du Francilien (59 %) dans la vie de tous les jours — et devant les transports publics (33 %). C’est à Paris intra-muros que les marcheurs sont les plus nombreux. Les motivations avancées pour l’usage de la voiture sont d’abord l’"esprit d’indépendance"(56 %), puis l’absence d’autres moyens de transport (45 %).
De tous les Franciliens, les résidents de la grande couronne sont les plus adeptes de la voiture, qu’ils prennent tous les jours à 54 %. C’est dans ce dernier espace que se trouve la plus faible utilisation quotidienne des transports publics, 22 %. C’est là aussi que la demande d’amélioration des liaisons de banlieue à banlieue par les transports publics est la plus souhaitée (61 %), bien avant les liaisons Paris-banlieue (19 %). Les Parisiens, à l’inverse, font un usage des transports publics supérieur à la moyenne régionale, avec 51 % tous les jours.
Les autres modes de déplacements restent marginaux. Entre 68 % et 90 % des personnes interrogées disent ne jamais utiliser le taxi, le vélo ou encore le roller, la trottinette, etc. Seule exception, le vélo est utilisé au moins une fois par semaine par 17 % des personnes interrogées. Les adeptes de ces modes alternatifs mettent en avant des arguments liés au mode de vie. L’idée selon laquelle "c’est meilleur pour la santé" arrive en tête pour 59 % des personnes interrogées ; "c’est moins polluant" (24 %).
L’enquête fait ressortir l’image ambivalente que les gens ont de la voiture. Alors que 77 % des personnes interrogées estiment qu’elle reste un élément de liberté, 71 % jugent que sa place est trop importante et qu’il va falloir la limiter très fortement dans l’avenir.
Pourtant, 68 % des personnes interrogées jugent que la situation générale des transports dans la région est assez bonne, voire très bonne. Mais la satisfaction dépend de sa localisation géographique : seuls 59 % des habitants de la grande couronne sont satisfaits, alors que le chiffre monte à 68 % pour les habitants de Paris et à 79 % pour ceux de la petite couronne. De même, 54 % des personnes interrogées jugent que la situation "va s’améliorer progressivement", contre 13 % qui pensent l’inverse, 31 % misant sur le statu quo.
Interrogés sur leurs comportements depuis trois ans, les Franciliens donnent encore l’avantage à la voiture individuelle par rapport aux transports publics. Autant de Franciliens (24 %) déclarent utiliser davantage leur voiture que la laisser plus au garage. Alors que la proportion de ceux qui déclarent prendre moins les transports publics qu’il y a trois ans (29 %) est supérieure à ceux qui affirment le contraire (23 %).
Pour les usagers qui restent fidèles aux transports en commun, les motivations demeurent individuelles : les difficultés liées au stationnement (42 %) viennent juste avant les embouteillages (32 %). La réponse : "c’est une attitude plus citoyenne" ne recueille que 10 % des suffrages.
Les personnes interrogées jugent à 57 % "prioritaire" un meilleur accès aux transports publics pour les personnes âgées et handicapés. Puis vient l’augmentation de l’offre de transport (44 %), devant l’amélioration qualitative (sécurité, respect des horaires...), enfin la question tarifaire (38 %), même si 58 % des Franciliens jugent les transports en commun trop chers.
L’accent mis par les personnes interrogées sur l’augmentation de l’offre de transports publics se retrouve dans la réponse à une autre question : pour 40 % des Franciliens, la meilleure façon de les inciter à ne plus utiliser la voiture passerait par la création de nouvelles lignes, et une meilleure desserte de certains quartiers. Or, ce renforcement n’est justement pas prioritaire aujourd’hui dans les plans de développement de la SNCF et de la RATP. A l’inverse, la demande, très souvent appuyée par les élus parisiens, d’un trafic continu la nuit n’intéresse vraiment que 33 % des Parisiens.
Enfin, l’idée d’un péage urbain, régulièrement évoqué depuis sa mise en œuvre à Londres, est massivement rejetée (68 %). Les résidents de la grande couronne y sont les plus opposés, tout comme à l’idée de taxer les utilisateurs de la voiture. Une voiture qui, décidément, garde la faveur des Franciliens.
Le premier Salon européen de la mobilité se tiendra à Paris-Expo, à Paris, porte de Versailles, du 16 au 19 juin. Les 16, 17 et 18, ces journées sont réservées aux professionnels du transport. Le samedi 19 juin, le Salon sera ouvert au public. 5 € l’entrée.
Le Monde, partenaire de cette manifestation, participera à une partie des débats.
GIE. Un groupement d’intérêt économique "Développons le transport public" a été créé pour l’organisation de ce Salon. Il est présidé par Michel Cornil, président de l’Union des transports publics (UTP).
Animations : des débats sont organisés dans le cadre du Salon. Celui sur le thème de "la mobilité en Ile-de-France" aura lieu samedi 19 juin.
Le réseau routier d’Ile-de-France : 854 km d’autoroutes et de voies rapides, 1 500 km de routes nationales et 8 500 km de départementales.
RATP : - bus : 3 403 km, 59 lignes dans Paris et 205 en banlieue ;
tramway : 20 km ;
métro : 211 km ;
RER : 115 km sur 2 lignes régionales.
SNCF :
RER : 487 km ;
lignes de banlieue : 1 100 km, 5 000 trains circulent chaque jour, 381 gares.
Optile (Organisation professionnelle des transports en Ile-de-France) regroupe 94 entreprises privées de transports qui assurent 1 050 lignes.
Trafic en 2002, en Ile-de-France.
Métro : 1 milliard 283 millions voyageurs ;
SNCF transilien : 574 millions voyageurs ;
bus de banlieue : 562 millions de voyageurs ;
RER : 410 millions de voyageurs ;
bus de Paris : 356 milions de voyageurs.