
Dossier hautement sensible sur la table du futur gouvernement fédéral, la SNCB fait l’objet de toutes les attentions. Les usagers viennent de rédiger un mémorandum pour soutenir la société. « Les problèmes financiers de la SNCB ne peuvent servir de prétexte à une nouvelle saignée dans les services ferroviaires, surtout que la Belgique est un des pays les plus peuplés, où le rail doit être en mesure de fonctionner comme une sorte de métro régional et d’offrir une alternative valable à la congestion routière », lit-on dans le document du Comité consultatif des usagers.
Pour le comité, le prochain gouvernement devra notamment dynamiser et développer de manière équilibrée l’offre « voyageurs » via des dessertes ferroviaires régionales et locales assurées avec du matériel plus convivial, moins lourd et moins coûteux.
Il s’oppose à tout démantèlement linéaire de l’offre des trains et des gares. Il exige que le prochain contrat de gestion ne soit pas une simple copie du précédent.
« C’est à l’Etat de fixer des objectifs concrets en matière d’offre, de qualité et de capacité de réseau et de prévoir des moyens suffisants pour réaliser ceux-ci dans des délais raisonnables », revendiquent les usagers, qui exigent des moyens pour leur comité. Il est aussi question du RER, un aspect du dossier qui, à lui seul fait l’objet d’un autre mémorandum, rédigé par Philippe Matthis, promoteur du RER. « C’est au prochain gouvernement fédéral qu’il appartiendra d’assurer le financement du RER. Les travaux de mise à 4 voies seront ou ne seront pas entamés entre 2005 et 2007, le matériel roulant train et bus sera ou ne sera pas commandé », dit-il.
Des avancées ont été engrangées dans le dossier du Réseau express régional (RER) sous la précédente législature : introduction des plans définitifs pour la ligne 161 (Bruxelles-Ottignies) auprès des trois Régions et lancement de l’étude d’incidence côté wallon, plans définitifs pour la ligne 124 (Bruxelles-Nivelles), permis d’urbanisme délivré par la Région de Bruxelles pour le tunnel Bruxelles-Josaphat (un recours suspensif a été introduit par les communes de Bruxelles et Schaerbeek).
Mais des éléments négatifs lestent encore la voiture du RER. Les plans pour la ligne 50 A (Bruxelles-Denderleeuw) ne sont toujours pas introduits, ni les travaux d’infrastructure pour les lignes 161 et 124. « Le résultat est que début 2006, 3 des 4 axes RER provenant de la Flandre seront opérationnels et qu’on aura un RER à 2 vitesses au détriment de la Wallonie », dit Philippe Matthis, déplorant l’absence d’amélioration de l’offre de trains dans la zone RER pendant les heures de pointe. Sans oublier le financement du RER qui est passé de 61,6 millions à 26 millions d’euros dans le budget 2003 de la SNCB. Aujourd’hui, il est certain que l’offre RER ne sera pas opérationnelle avant 2012.