Bras de fer dans les trains Corail

Classement géographique :

La SNCF et les régions s’opposent sur l’avenir de certaines liaisons régionales.

Il ne s’agit que d’une dizaine de liaisons Corail vétustes, mais elles mettent les régions en émoi et réveillent les grands mots : service public, aménagement du territoire. En cause, la menace de la SNCF de supprimer les trains Corail les plus déficitaires si personne ne met la main à la poche. Sont concernées, entre autres, les liaisons Bordeaux-Lyon, Quimper-Nantes-Bordeaux, Lyon-Nantes, Lille-Strasbourg ou Paris-Bâle, qui font perdre chacune 15 millions d’euros par an à la SNCF. Hier, Guillaume Pepy, son numéro deux, et Bernard Sinou, le responsable des activités de transport public, ont rencontré les présidents des régions concernées pour une réunion de travail. Mais à en croire Louis Gallois, le président de la SNCF, l’entreprise ferroviaire estime n’avoir guère de marge de manoeuvre : « Il faut maintenant prendre des décisions. Nous n’avons pas de caisse secrète, de poche cachée pour supporter des déficits durables sur ce type de train. »

L’entreprise a lancé l’an passé un plan de relance des trains Corail (200 millions d’euros de déficit l’an passé). Pierre angulaire du dispositif, la mise en service progressive des nouveaux ­ et plus confortables ­ trains Teoz (pour « train qui ose ») en lieu et place des vieux Corail. Sauf que toutes les lignes n’ont pas vocation à bénéficier du lifting Teoz, et que celles qui semblent le plus chroniquement déficitaires se sont transformées en boulet pour l’entreprise. « Il s’agit de trains Corail qui ont une vocation plus régionale ou interrégionale, parfois d’aménagement du territoire », a expliqué Louis Gallois, qui verrait bien certaines lignes être transformées en TER... et donc être financées par les régions. Lesquelles mettent en garde contre « un transfert masqué de charges nouvelles » qui serait une nouvelle arnaque de la régionalisation sauce Raffarin.

Des négociations ont été engagées il y a plusieurs mois entre la SNCF, le ministère des Transports et les Régions. Une piste avancée par l’ex-secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, suggérait que le système ferroviaire se dote d’un fonds d’aménagement du territoire ayant vocation, sur le modèle de l’aérien, à financer les lignes d’intérêt général. L’idée a été balayée suite aux élections régionales et au remaniement gouvernemental qui ont fait valdinguer les interlocuteurs. La SNCF est désireuse de régler la question avant le 15 décembre, date du passage au service d’hiver. Les régions sont aussi pressées. Et courroucées. Le conseil régional de l’Aquitaine a fait savoir en début de semaine qu’il n’hésiterait pas à engager un recours contentieux contre l’Etat et la SNCF, si aucune solution amiable n’est trouvée.



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