Le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse Bruxelles-Luxembourg-Strasbourg est sur une mauvaise voie. Le groupe de travail (Groupe à haut niveau) de la Commission européenne, présidé par Karel Van Miert, n’a pas retenu mardi le projet parmi les dossiers prioritaires pouvant jouir d’une subvention européenne.
Une étude a même été réalisée pour démontrer l’opportunité de l’amélioration de la ligne, baptisée Eurocap-Rail. Elle s’inscrit dans un axe majeur reliant la mer du nord par la Belgique, le Luxembourg et l’Est de la France à la Suisse et à l’Italie. Selon ses promoteurs, elle fait aussi partie du Réseau transeuropéen de transport (RTE-T). La ligne devrait véhiculer environ 6,822 millions de voyageurs par an (contre environ 3,2 millions actuellement) et générer près de 105 millions d’euros (33,3 millions aujourd’hui). Actuellement, la ligne souffre de vétusté et le temps de parcours est très long (spécialement entre Namur et Luxembourg). « Le refus de M. Van Miert de prendre en compte la liaison Bruxelles-Luxembourg-Strasbourg est incompréhensible et navrant. Il est regrettable de constater que qu’un dossier à ce point important pour l’Europe et la Belgique soit paralysé par des considérations communautaires, de plus en plus liés aux intérêts de la Flandre et à l’incapacité de la SNCB à prendre la liaison en compte (elle a réduit le budget prévu d’environ 5 millions à 85000 €) », fustige le ministre wallon des Transports, José Daras (Ecolo).
Le rapport final du groupe sur les projets rentrés est attendu pour le 20 juin et d’ici-là, les pressions ne vont pas manquer. Outre Eurocap-Rail - soutenu par la France, Le Luxembourg et les Pays-Bas -, la Belgique a introduit un second dossier qui semble avoir plus de chances. Il vise la création d’une ligne ferroviaire entre le port d’Anvers et le bassin de la Rhur via les Pays-Bas. Le cabinet Onkelinx se dit déterminé à soutenir Eurocap-Rail. Reste à savoir maintenant les raisons de l’opposition de Karel Van Miert.