À Madrid
Pour sa 55e édition, le congrès de l’Association internationale des transports publics (UITP), qui touche à son terme ce vendredi, avait donc choisi de prendre ses quartiers à Madrid. Un choix très symbolique quand on sait que la capitale espagnole a vu son réseau métropolitain subir une impressionnante crise de croissance — pas moins de 114 km de voies supplémentaires — en un temps record de huit années. La cadence des correspondances, la vitesse des rames ou encore le système d’information aux voyageurs ne manquent d’ailleurs pas d’impressionner le visiteur étranger. Et si la réalité madrilène n’est évidemment pas transposable telle quelle au réseau bruxellois, elle fait rêver.
Profitant du congrès, les responsables de la Stib ont présenté diverses nouveautés appelées à faciliter la vie des navetteurs. A côté du duo SMS-reconnaissance vocale qui devrait être opérationnel à partir du mois de septembre et permettre aux voyageurs d’être informés sur les temps d’attente à une station (LLB du 7/05), l’autre grand changement sera l’apparition de la billetterie sans contact qui devrait pour sa part voir le jour à l’horizon 2006.
Oubliés donc les traditionnels billets qui seront remplacés par des cartes à puce qu’il suffira de passer devant un terminal pour que l’oblitération ait lieu automatiquement. Couplé au porte-monnaie électronique Proton — avec qui des contacts ont déjà eu lieu —, le système ne manque pas d’attraits et pourrait déboucher sur une formule « tout en un » qui permettrait par exemple d’accéder avec sa carte à puce tant aux transports en commun qu’aux musées. Développé par le réseau Calypso, qui regroupe cinq opérateurs européens dont Bruxelles, le système fonctionne déjà dans une quarantaine de villes. L’idée étant de bâtir un standard technologique à l’échelle européenne qui permettrait dans le futur de voir la même carte acceptée d’une ville à l’autre.
Par ailleurs, une nouvelle qui réjouira les personnes à mobilité réduite est la transformation durant l’été d’un escalator de la station Belgica en plate-forme adaptée à leurs besoins. Une expérience qui si elle se révèle satisfaisante devrait être répétée dans une trentaine d’autres stations de métro.
D’autres investissements majeurs devraient être décidés rapidement. La décision concernant l’achat de 40 trams devrait ainsi tomber prochainement, avant les vacances ou en septembre selon les versions. Pour rappel, trois fabricants étaient en course dans ce marché : les Canadiens de Bombardier avec leur « City-runner », les Français d’Alstom avec le Citadis et les Allemands de Siemens avec le Combino. Dans les couloirs de Madrid, il se murmurait que seuls le premier et le dernier cités participaient au sprint final. Mise en circulation annoncée en 2006.
Autre commande d’importance, l’achat d’une quinzaine de rames de métro devrait également être décidé dans le courant de cette année. Celles-ci entreraient en service en 2007. Là encore le bruit filtre selon lequel le consortium formé pour l’occasion par Siemens et le fabricant espagnol Caf récolterait les faveurs de la Stib, au détriment de la firme italienne Ansaldobreda et de l’association Alstom-Bombardier.
Quant aux bus, ils ne sont pas oubliés puisque l’appel d’offres pour l’achat de 150 nouveaux véhicules sera lancé en 2004. Le parc qui compte actuellement 571 bus sera ainsi progressivement renouvelé.
Enfin, la Stib peut se montrer satisfaite puisque son ticket Jump permettant de voyager indifféremment avec les quatre sociétés de transport en commun dans Bruxelles (Stib, Tec, SNCB et De Lijn) s’est vu attribuer le prix du secrétaire général de l’UITP. Si sa valeur est surtout symbolique, il n’en récompense pas moins un système de billet intégré qui représente une solution d’avenir.