
Pour Berne, une meilleure connexion au réseau européen des lignes à grande vitesse doit renforcer la place économique et touristique suisse ainsi que le transfert du trafic aérien et routier vers le rail.
Le gouvernement souhaitait au départ débloquer 590 millions, avant tout pour des projets sur territoire français améliorant la déserte du TGV vers la Suisse. En janvier, il avait rajouté 150 millions supplémentaires pour plusieurs tronçons vers l’Allemagne.
Mais depuis, la Suisse a découvert que la réalisation des NLFA (Nouvelles liaisons ferroviaires alpines) coûterait 800 millions de plus que prévu.
Après avoir gelé le dossier, le gouvernement propose donc plusieurs choses à l’appréciation du Parlement, qui devrait se prononcer cet automne.
D’abord, il souhaite renoncer aux 30 millions destinés au nœud de Lausanne (liaison TGV Suisse occidentale - Paris). Des travaux reportés à la 2e phase du raccordement, selon Gregor Saladin, porte-parole à l’Office fédéral des transports.
Ensuite, les contributions à la construction en France de la nouvelle ligne Belfort - Dijon (ligne TGV Rhin-Rhône) passent de 125 à 100 millions. Enfin, les réserves prévues ne devraient s’élever qu’à 10 millions au lieu de 30 millions.
Les autres projets sont maintenus. Ainsi, 40 millions iront aux aménagements entre Vallorbe (canton de Vaud) et Dijon (en France) et 205 millions à la ligne Genève-Paris.
Côté alémanique, 155 millions sont destinés à la liaison avec Munich, 130 millions à la ligne Bülach (canton de Zurich) - Schaffhouse (liaison avec Stuttgart) et 25 millions à la surveillance des projets.
Concrètement, ce paquet de mesures est censé apporter des gains de temps (entre 10 et 30 minutes, voire parfois jusqu’à une heure).
A long terme, l’offre sera même améliorée. Des cadences horaires entre Genève et Paris et entre Bâle et Paris seront introduites. Et au départ de Zurich (pour Munich et Stuttgart) et Lausanne (pour Paris), des trains partiront toutes les deux heures.
Une deuxième phase de travaux est censée venir compléter ces projets. Budget envisagé : 650 millions de francs. Et c’est là que le bât blesse.
En 1998, le peuple suisse avait accepté une enveloppe de 1,2 milliards pour le raccordement aux lignes ferroviaires à grande vitesse. Or, la Confédération va procéder à un examen global des grands projets ferroviaires non encore décidés ou financés (cette 2e phase de raccordement, mais aussi la 2e étape de Rail 2000 et d’autres projets encore). En clair, la menace de nouvelles coupes se profile...
« A l’heure actuelle, on sait pas s’ils seront tous réalisés », confirme d’ailleurs le Département fédéral des transports, chargé de présenter les résultats de l’examen global en 2007/2008.
D’où la réaction teintée de crainte de dix-huit cantons pas moins. Par le biais des Conférences des transports de Suisse romande, de Suisse orientale et du Nord-Ouest, ceux-ci demandent au Parlement de ne pas suivre le gouvernement.
Pour ces cantons, les députés doivent débloquer la totalité du crédit de 1,2 milliards accepté par le peuple. N’y allant pas par quatre chemins, ils estiment que tailler dans un crédit approuvé est simplement « antidémocratique ».