Les élections ont cela de bon que des candidats lâchent des informations. Ainsi l’ex-ministre écolo des Transports et de la Mobilité Isabelle Durant s’était-elle promenée avant le 18 mai avec une nouvelle version des travaux à effectuer à Baulers dans le cadre de la mise à quatre voies de la ligne 124 entre Linkebeek et Nivelles pour accueillir le RER (Réseau express régional). Philippe Matthis, « Monsieur RER » en Brabant wallon, confirme.
Les plans initiaux prévoient le maintien de la courbe de Baulers pour les trains lents et une « rectification » pour les trains rapides IC-IR. Celle-ci suppose la construction d’un viaduc de plusieurs centaines de mètres, dit « de la honte » par les riverains. Trois fermes perdraient des terres tandis qu’une quatrième, celle qui sert de QG aux mouvements de jeunesse, serait expropriée. Le viaduc surmonterait un parc privé classé, la chaussée de Bruxelles et plusieurs habitations. Enfin, l’Intercommunale du Brabant wallon, soucieuse de mener à bien la reconversion de l’ancien circuit automobile en parc d’affaires, voit aussi cet ouvrage d’art comme une plaie.
Après la réunion du 13 décembre dernier où les riverains avaient dit leur opposition, la SNCB a pourtant introduit le dossier. Une modification du plan de secteur s’impose. Le gouvernement wallon l’a acceptée et a ainsi donné son feu vert à l’étude d’incidences. L’idée est de boucler celle-ci avant juillet car elle impose une enquête publique, interdite durant les deux mois de grandes vacances.
Le nouveau tracé, moins dommageable dans sa première partie, implique de toutes façons un tunnel ou un viaduc pour assurer la jonction avec la ligne 124. Selon Philippe Matthis, des soucis environnementaux et financiers imposent le bon sens : la mise à quatre voies intégrale de la ligne 124, y compris dans la courbe de Baulers, même si les passagers des IC-IR perdront 2mn30 au passage.